Zalix Biométrie mise sur l’innovation

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Pascal Thorel : “Nous offrons des solutions plus larges que la biométrie”

 

Cette PME spécialisée dans le développement, l’intégration et la maintenance de systèmes biométriques a lancé trois nouvelles familles de produits fin 2017, qui devraient lui permettre de dégager entre 15 et 20% de croissance pour l’année en cours, indique à En Toute Sécurité son dirigeant Pascal Thorel au cours d’un entretien exclusif.

La société, dont le CA repose à 90% sur des solutions de pure biométrie, se lance ainsi dans le développement de systèmes hybrides proposant d’autres modalités de contrôle d’accès en supplément de l’identification biométrique, tels les lecteurs de badges, « cœur de croissance du secteur du contrôle d’accès », selon le dirigeant. « Aujourd’hui, nous sommes obligés de nous adapter à la demande de nos clients qui ne se limite pas à la seule biométrie. C’est pourquoi nous avons lancé en septembre un scan de ronde, une armoire à clefs longue distance pour les véhicules », explique Pascal Thorel.

Ces nouveaux produits ont vocation à être connectés à un logiciel de contrôle d’accès développé par la société qui permet d’interfacer et de piloter à distance les différentes solutions de biométrie, telles que le réseau veineux de la main, la reconnaissance faciale, l’empreinte digitale réduite, la morphologie de la main et le lecteur de badges. « A ma connaissance nous sommes les seuls à disposer en France d’un tel outil », indique le dirigeant.

Après 20 ans d’expérience à différents postes chez Deny Security (ex-Deny Fontaine, groupe Dom Security) puis chez Deister, Pascal Thorel a pris, à 58 ans, la direction managériale de Zalix fin décembre, à la suite du départ en retraite de son prédécesseur, Alain Choukroun. Le dirigeant est en train de constituer une équipe commerciale et procédera à des recrutements à partir de juin. Zalix compte aujourd’hui neuf salariés et pourrait en employer entre 12 et 15 d’ici cinq ans.

Filiale du groupe de casinos français Tranchant qui souhaitait s’équiper en biométrie, Zalix a été créée en 1999 au capital de 0,3 M€. En 2017, la PME affichait un CA d’environ 1M€ — soit le même montant que l’année précédente — et une rentabilité positive. D’ici cinq ans, le CA pourrait atteindre 2 à 3 M€, espère le dirigeant, sur un marché qu’il estime à moins de 10 M€, mais à fort potentiel de croissance.

 

Nouveaux segments de clientèle

« Les demandes provenant de secteurs d’activités qui n’étaient pas du tout intéressés il y a une dizaine d’années sont de plus en plus importantes », s’enthousiasme-t-il, citant le milieu bancaire, plutôt consommateur de badges jusqu’à présent. La vague d’attentats terroristes a également eu un effet positif sur la demande en biométrie, les entreprises étant jusqu’alors plutôt préoccupées par la sécurisation des bureaux de direction en cas de conflits sociaux durs. La clientèle se compose d’ailleurs d’une majorité de références issues du secteur privé (60%) « surtout des intégrateurs/installateurs » et pour le reste d’administrations et autres clients publics, comme les ministères (Armées, Justice, Intérieur).

Pour atteindre ses objectifs, la stratégie de Zalix repose sur une sélection limitée de ses produits. Ainsi, la marque sud-coréenne Suprema couvre pas moins de 70% de son offre en biométrie. Le dirigeant revendique son statut de vendeur de systèmes, sur l’ensemble des produits, de la vente à l’information, en passant par le SAV et l’assistance technique sur chantier. Ainsi pour les identifications par morphologie de la main, la société fait appel à un fournisseur américain et à un israélien pour ses produits de reconnaissance du veineux. La société met enfin, depuis quatre ans, l’accent sur la reconnaissance faciale. « Au niveau mondial, l’empreinte digitale représente 80% de la technologie utilisée en biométrie », contre 50% en France, indique Pascal Thorel. C’est donc essentiellement ce type de solutions que Zalix développe à l’international. L’export, qui représente 10 % de l’activité, cible surtout l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb où la société dispose d’un réseau de partenaires installateurs et où les contraintes normatives sont beaucoup moins fortes qu’en France. Zalix se dit d’ailleurs prêt à l’entrée en vigueur du RGPD en mai prochain, dont les préconisations sont pour l’essentiel « déjà intégrées dans nos solutions ».