expérimentation de 18 mois concernant la détection de « certaines situations » grâce à des caméras dômes et fixes associées à de l’intelligence artificielle.
Il s’agit de créer de nouveaux algorithmes pour contrôler le débordement des poubelles, repérer une circulation en sens interdit, un stationnement irrégulier ou encore une tentative d’intrusion, affirme la société. La police municipale sera chargée de la gestion de ces caméras via le centre de supervision urbain (CSU). Depuis sa création en 2015 et ses premières levées de fonds en 2018 (voir ETS n°657), XXII affiche de grandes ambitions dans le domaine de l’IA.
« Jusqu’à fin 2019, nous étions encore en phase d’expérimentation dans beaucoup de villes et de secteurs et avons levé plusieurs millions d’euros. Depuis, on a transformé XXII en entreprise optant pour le SaaS (Software as a Service). Nous avons packagé toute la R&D pour distribuer des algorithmes sur tous les réseaux de caméras. L’objectif est de travailler avec 150 villes en 2021 avec des objectifs de 3,5 à 4 M€ de CA dont une grosse partie en revenu annuel récurrent avec un objectif de 10 M€ dans les 3 ans », explique William Eldin, PDG et fondateur de XXII, lors d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.
Exploration de différents segments
Auparavant tourné vers les travaux de réalité augmentée, XXII a décidé de se consacrer totalement à l’IA en approchant de nouveaux marchés. L’entreprise va désormais se servir de sa solution « XXII Core » pour la décliner au sein de la smart city à l’échelle européenne, secteur estimé à environ un milliard d’€. La société déclinera ce savoir-faire dans la distribution, les gares et aéroports puis les usines et l’industrie, secteurs qui offrent des « profondeurs marchés hallucinantes », estime William Eldin. XXII compte également se développer à l’étranger et souhaite conquérir une ville comme Madrid ou Berlin — dont les négociations seraient en cours selon les informations d’En Toute Sécurité — et se faire connaître dans une ville en Afrique. Bien que jeune, l’entreprise a déjà installé un bureau en Chine avec quatre salariés et généré 0,49 M€ en 2017. Le bureau existe toujours dans l’Empire du Milieu mais les activités ont été suspendues fin 2018, entraînant le rapatriement en France de deux collaborateurs. « On compte rouvrir ce bureau quand les conditions sanitaires le permettront », assure William Eldin. Seuls quelques contrats de maintenance subsistent pour le moment.
Outre l’expérience chinoise, XXII a ouvert un bureau à Seattle (Etats-Unis) avec un salarié opérationnel sur place mais l’activité a été interrompue en raison de la crise sanitaire, rendant impossible le maintien du service. En dépit de ces coups d’arrêt, la société continue de chercher de nouveaux profils pour compléter ses équipes. « Il faudrait quinze personnes de plus mais, dans la réalité, on en aura huit d’ici à la fin de l’année. On cherche des développeurs spécialisés dans l’optimisation et des commerciaux spécialisés dans la vente de logiciels », poursuit William Eldin.
Dénicher des profils
XXII « regarde » les entreprises spécialisées dans l’IA non pas pour les acquérir mais davantage pour y dénicher des profils. XXII porte un intérêt au secteur de la vidéosurveillance à distance pour les particuliers. Collaborant déjà avec Genetec, Microsoft, Hikvision et Ingedata, la société a signé un partenariat avec Milestone Systems à ce sujet en novembre dernier. Elle s’est également entourée de distributeurs à valeur ajoutée comme Eryma, Derichebourg, Spie, ainsi que de quelques bureaux d’études. La sécurité représente 20 à 30% du CA de l’entreprise.
Siégeant à Suresnes, XXII compte 70 salariés et devrait déménager « dans les deux ou trois mois qui viennent » mais restera dans les Hauts-de-Seine. William Eldin détient 70% des parts de l’entreprise et trois autres associés sont aussi actionnaires. XXII a fait entrer le groupe Duval, spécialisée dans la gestion d’actifs et l’immobilier, à hauteur d’un peu plus de 10% du capital.