Louis Leullieux : “Le gardiennage représente 80% de notre activité en France et l’objectif à moyen terme serait qu’il soit ramené à 50%”
Spécialisée à l’origine dans le gardiennage, la société se développe dans d’autres secteurs de la sécurité pour apporter une offre globale, déclare Louis Leullieux, son président, au cours d’une interview exclusive accordée à En Toute Sécurité, qui annonce également la création d’une place de marché en ligne.
Weesure veut se renforcer dans la sécurité incendie, un secteur sur lequel il était entré voici un an avec le rachat d’Euro Protec à Lyon, dont le CA s’est élevé à 1 M€. « Nous sommes en négociation pour acquérir une société de maintenance incendie d’une taille à peu près équivalente », explique le dirigeant.
« Nous ne sommes pas dans une recherche de volume. Notre nouvelle stratégie consiste à rester à taille humaine tout en apportant une offre de sécurité globale pour répondre aux attentes de nos clients », affirme le président de Weesure. Grâce à son bureau d’études, il veut être capable de répondre à toutes les demandes de ses clients. L’entreprise est également active dans la sûreté aéroportuaire (essentiellement à l’étranger), la protection rapprochée, la télésurveillance (avec une centaine de raccordements) et la sécurité électronique. Elle dispose d’agences à Lyon, Paris et Lille, mais n’a pas l’intention de se développer en région, en raison de l’investissement nécessaire, jugé trop important.
« Le gardiennage représente 80% de notre activité en France et l’objectif à moyen terme serait qu’il soit ramené à 50% », ajoute-t-il.
Développement à l’international
La plateforme de marché, qui vient d’être mise en ligne, commercialise des produits et services de sécurité pour les PME et ETI de la profession, dans les domaines de la sécurité électronique, de l’anti-incendie et des équipements sanitaires. Ils proviennent des fournisseurs de Weesure, une dizaine actuellement, mais l’éventail sera élargi. Les marques distribuées sont notamment Tecnoalarm, Schock, ASD ou Serviacom. Elles versent une commission de 5% à 10% au site de commerce en ligne.
« Notre marketplace propose aussi des prestations de services comme la formation en sécurité et prochainement la cybersécurité. Nous prospectons de nouveaux fournisseurs et, à terme, nous souhaiterions commercialiser une très large gamme de produits existants sur le marché », ajoute Louis Leullieux, qui a investi 0,1 M€ sur ce projet et vise un CA de 1 M€ durant la première année d’activité.
Weesure, dont le nom initial était Aton Groupe jusqu’en 2018 (voir ETS n°652), s’est développé à l’étranger, en se concentrant sur l’Afrique. Il a créé une filiale au Sénégal en 2019, qui s’ajoute aux implantations au Togo, Bénin, Côte d’Ivoire et Gambie. L’international représente 2 M€ contre 0,5 M€ en 2018.
« La crise sanitaire nous a très peu affecté, car les pertes d’activité durant cette période ont été compensées par de nouvelles demandes de prestations », affirme Louis Leullieux. Les principaux segments de clientèle sont la santé (50% du CA), l’industrie et le tertiaire, avec des références comme l’AP-HP, Veolia, Siemens, Dalkia, Vinci, l’aéroport de Grenoble ou la Croix Rouge.
L’entreprise, qui emploie 1 200 personnes, dont 600 en Afrique, est passée d’un CA de 16 M€ en 2018 à 20 M€ l’année suivante. Elle prévoit un chiffre identique en 2020 et vise un CA de 50 M€ d’ici cinq ans. Elle est désormais à l’équilibre et se trouve dans la dernière année de remboursement de ses dettes liées à son opération de LBO.