Quelques jours seulement avant l’assemblée générale de l’USP et du SNES le 5 juin dans le but de créer une organisation patronale unique, la Fédération française de la sécurité privée a publié un communiqué visant à clarifier sa position et son rôle dans le futur, suite à diverses interrogations de la part de certains dirigeants d’entreprises de sécurité et à la parution d’un article dans une publication d’influence.
« Il ne peut y avoir aucune confusion possible entre l’action de la FFSP et celle de la nouvelle organisation unique », affirme-t-elle. La fédération « n’est pas une organisation professionnelle d’employeurs au sens du Code du travail. Elle n’a pas pour objet, pour vocation, pour ambition de participer au dialogue social et donc de prétendre à la signature sociale », ajoute-t-elle.
La FFSP « a pour vocation de créer du lien entre les métiers, de développer des réflexions et des travaux transverses », affirme le texte en précisant qu’elle « couvre un périmètre plus large à un niveau différent » puisqu’elle regroupe des organisations opérant dans le conseil en sûreté, la sécurité électronique, les nouvelles technologies, le transport des valeurs, la sûreté aéroportuaire, les agences de recherche privée, la protection physique de personnes, la formation, les services internes et la surveillance humaine (voir ETS n°675 et 676).
La fédération se félicite de la création de la nouvelle structure patronale et la soutiendra dans son action. Elle indique qu’elle veut « poursuivre son action de rassemblement et favoriser la convergence de tous les acteurs de l’écosystème ». La FFSP « doit porter cette dynamique transverse et faciliter les passerelles entre le monde de l’industrie et des services ».
Les critiques contre la FFSP de Geoffroy Castelnau
De son côté, Geoffroy Castelnau, administrateur du SNES et PDG de la société DPSA, critique la FFSP dans une lettre ouverte. Après l’accord de l’assemblée générale du SNES et de l’USP pour leur rapprochement, « reste plus que jamais entière la question de la soi-disant fédération de la sécurité privée : la FFSP, à laquelle le SNES a eu raison de ne jamais adhérer, car elle a fonctionné essentiellement comme une machine à désunir et cela devrait perdurer », affirme-t-il.
« Il faudra au plus tôt se saisir de cette question tant sur le fond que sur la forme. Car il ne s’agit surtout pas, comme cela semble pourtant se profiler, de laisser Claude Tarlet es qualité reprendre d’une main le pouvoir, la présidence et la parole qu’il a feint de concéder de l’autre », ajoute le texte. « Si c’était le cas — prévisible pour ceux qui appellent un chat un chat —, cela serait une véritable imposture, une supercherie, une trahison, un détournement scandaleux de la démarche loyale et entière de rapprochement plébiscitée par les pouvoirs publics eux-mêmes ! », ajoute l’administrateur du SNES.
« Nous n’avons pas engagé la disparition du SNES et de l’USP, et la construction — en lieu et place — d’une organisation unique représentant officiellement plus de 83% du métier, pour se retrouver avec deux entités inévitablement concurrentes ! Quel gâchis prévisible cela serait pour une question de simple ego et goût personnel du pouvoir et non de l’intérêt général ! », affirme Geoffroy Castelnau.
Réaction de la CGT
La CGT, premier organisation syndicale de la branche prévention et sécurité, estime que le rapprochement USP-SNES pourrait être une opportunité ou au contraire un « mariage forcé et d’apparat ».
« Notre organisation syndicale pourrait considérer ce rapprochement comme une opportunité si cette union s’inscrit dans une logique de faire de cette branche une profession respectable et respectée par tous, ce qui n’est pas le cas actuellement. A l’inverse, notre organisation syndicale pourrait estimer que c’est un mariage forcé et que d’apparat, ce qui pourrait continuer à nous éloigner des attentes tant escomptées dans notre belle profession et qui peine à trouver sa vraie place dans le monde du travail », indique le document adressé aux organisations patronales. « Nous souhaitons que cette fusion aboutisse à la réussite de la branche », indique la CGT qui poursuit néanmoins en écrivant qu’il est « inutile de vous faire part de la déception issue des négociations en cours qui se résument à néant ».