USP : la démarche « offensive » de Claude Tarlet

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Le président de l’USP dénonce ” la responsabilité partagée ” des donneurs d’ordres et des prestataires dans le phénomène actuel de destruction de valeur.

Président de l’USP depuis sa création, Claude Tarlet vient d’être réélu à l’unanimité à la tête de l’organisation pour un nouveau mandat de trois ans. « Je m’engage dans une démarche offensive, décomplexée et unitaire », annonce le président au cours d’une interview exclusive accordée à En Toute Sécurité. « Alors que tout notre environnement est en train de se transformer, il devient plus que jamais nécessaire de faire la promotion positive des activités de sécurité. USP a décidé de devenir le moteur principal de toute la refonte de l’architecture de la relation avec l’Etat, comme avec ses clients », explique Claude Tarlet. Et d’ajouter qu’il va proposer dans les semaines qui viennent à la mission parlementaire en charge d’étudier les ­réformes de la profession (voir ETS n°648) « la définition d’un corps de doctrine partagé sur la participation de la sécurité privée à la sécurité nationale ». Le président de l’USP estime qu’il faut « penser autrement les relations sociales, mesurer l’impact des nouvelles technologies et repenser les métiers », en annonçant la tenue à l’automne prochain de la première université numérique. Claude Tarlet dénonce par ailleurs « la responsabilité partagée des donneurs d’ordre et des prestataires dans le phénomène actuel de destruction de valeur en raison d’une course effrénée au volume. Il n’existe pas d’ambition collective suffisante alors que la crise actuelle va s’accélérer ». Il tient à rappeler que l’USP « ne décide pas de la politique commerciale de ses adhérents, mais favorise une prise de conscience sur les bonnes pratiques ». Il affirme que l’organisation s’opposera à une éventuelle taxation des contrats courts, un projet auquel réfléchissent les pouvoirs publics Le rassemblement de toutes les énergies est nécessaire, ajoute le président de l’USP qui se félicite des relations avec le nouveau président du SNES et appelle au développement de groupes de travail communs. Il s’étonne enfin que le rapport de la Cour des comptes consacré à la profession de la sécurité privée (voir ETS n°648 et 649) n’évoque pas « le trésor de guerre de 56 M€ accumulé par le CNAPS depuis sa création », estimant que c’est un impôt indirect sur la profession.

Securitas revient à l’USP

Par ailleurs, Securitas, qui avait quitté l’USP fin 2015 (voir ETS n°601), a demandé à revenir dans l’organisation ce qui a été voté par le conseil d’administration le 20 mars dernier. Une décision motivée par l’ampleur des enjeux et par la situation économique de nouveau précaire des sociétés de sécurité. « La lecture prospective de Michel Mathieu viendra renforcer utilement les acteurs représentatifs des entreprises de sécurité privée, en cette période de débats fondateurs pour l’avenir du secteur », explique Claude Tarlet. A l’époque, le président de Securitas avait eu des mots très durs pour les organisations patronales, soulignant « l’impossibilité dans le contexte et l’organisation actuelle du dialogue social de concrétiser la moindre avancée dans les domaines des compétences, de la formation, de la gestion des carrières et des rémunérations ». En avril 2016, Michel Mathieu allait encore plus loin dans la critique : « Les organisations patronales sont tournées vers le passé et il ne s’y passe plus rien. Le monde réel est ailleurs et l’avenir des entreprises de sécurité ne passe plus par là » (voir ETS n°608).

Le nouveau conseil d’administration

Le conseil d’administration de l’USP a élu Baudouin Delescluse, PDG de Samsic Sécurité, comme vice-président, en remplacement de Richard Tranché, président d’Atalian Sûreté, qui a quitté le groupe. A noter que c’est désormais Sébastien Lastapies, à la tête des pôles sûreté et propreté d’Atalian, qui représente le groupe au sein de l’USP. Outre Claude Tarlet (Intra Sécurité), les autres membres du conseil d’administration sont José Cervera (Force One Sécurité), Eric Chenevier (Goron), Laurent Duez (Artemis Security), Abdelhamid Faddeoui (Ateos), Gérard Gros (Onet Sécurité), Marc Guerigen (Cityveille), Xavier Jessau

me (Prosegur France), Thierry Le Marec (Seris Security), Nicolas Le Saux (Uniprotect), Grégory Mazzoleni (Procedo Private Security), Jean-Louis Capelle (Safety Security). On remarque également que Michel Mathieu, président de Securitas France, ancien vice-président de l’USP, ne fait plus partie du conseil d’administration puisque sa réintégration dans l’organisation patronale est intervenue après l’élection du conseil.