Philippe Mallard : “Nous réfléchissons à de nouvelles acquisitions”.
La filiale française du fabricant italien d’interphonie et de sécurité électronique va investir 7 M€ pour regrouper plusieurs de ses entités sur un même site à Cholet, annonce Philippe Mallard, son directeur général, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.
« Les sociétés FDI Matelec, SCS Sentinel et Yokis seront rassemblées dans un bâtiment neuf d’une surface de 7 000 m² sur un site de trois hectares. Les travaux de construction débuteront en juin prochain et devraient être finalisés l’été 2020 », explique le dirigeant. Les nouveaux locaux abriteront 130 personnes, complétés par le recrutement d’une vingtaine d’ingénieurs, et permettront de dégager des synergies commerciales, ajoute-t-il.
La filiale, qui emploie déjà 70 ingénieurs sur des effectifs proches de 400 personnes, veut d’ailleurs renforcer ses activités tournées vers l’innovation avec la création d’une cellule dédiée en janvier prochain. Elle travaille notamment sur le bâtiment intelligent et les objets connectés, gérés via le cloud.
Très tourné vers la sécurité résidentielle (75% du CA) et leader de l’interphonie en France, Urmet veut se développer dans les applications professionnelles, notamment par sa filiale Castel qui conçoit de l’interphonie pour le tertiaire et fait figure de leader sur le créneau des prisons. Un important contrat vient par exemple d’être remporté auprès de la SNCF.
Plus généralement, Urmet France veut étendre sa gamme de produits dans la sécurité électronique, notamment dans l’anti-intrusion et le contrôle d’accès, via ses marques Elkron et Aprimatic. Le groupe a ainsi équipé le Mont Saint-Michel avec du contrôle d’accès, de la lecture de plaques d’immatriculation et de la vidéosurveillance.
Dans cette optique, Urmet France réfléchit à de nouvelles opérations de croissance externe. « Il est nécessaire d’acquérir des compétences métiers. Nous sommes intéressés par des sociétés d’interphonie, de contrôle d’accès tandis qu’une éventuelle diversification vers la vidéosurveillance est devenue un axe de réflexion », souligne Philippe Mallard.
Le groupe avait racheté Castel en 2010 (voir ETS n°480), concrétisant sa volonté de se lancer sur les applications professionnelles. Cette société, qui connait une croissance régulière de 20% par an (voir ETS n°658), avait elle-même acquis MWS, spécialiste des systèmes de notification d’événements début 2015 (voir ETS n°583).
En raison de ses acquisitions et de sa croissance organique soutenue, le CA en France est passé de 20 M€ en 2001 à 85 M€ en 2017 et une prévision d’environ 90 M€ cette année. « Nous opérons sur des bases saines et structurées. Je suis plutôt optimiste pour 2019, mais avec prudence, car nous observons un ralentissement des mises en chantier. Nous anticipons une croissance de 4% en 2019, contre 7% cette année », affirme le directeur général.
La filiale française est la première filiale du groupe par son poids économique, y compris devant l’Italie. Créé en 1937 à Turin, celui-ci génère un CA de 280 M€ avec 2 750 salariés et une présence dans 76 pays.
Le groupe Urmet en France
Chiffres 2017
- Urmet France : CA de 55,4 M€ essentiellement en interphonie pour le résidentiel, 124 salariés
- Castel : CA de 17,5 M€ en interphonie pour les applications professionnelles, 100 salariés
- FDI Matelec : CA de 16,7 M€ contrôle d’accès, 79 salariés
- SCS Sentinel : CA de 7,6 M€ en interphonie via les enseignes de distribution, 24 salariés
- Yokis : CA de 6,6 M€ en systèmes domotiques, 28 salariés