Urmet se renforce dans le contrôle d’accès

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Philippe Mallard : “Nous ferons jouer à fond les synergies en matière de développement de produits et au niveau commercial “.

Le fabricant italien d’interphonie se renforce spectaculairement dans le contrôle d’accès en France, avec le rachat de Synchronic, spécialisé dans le segment tertiaire et plus particulièrement dans le bancaire.

« Ce n’est pas véritablement un nouveau métier pour Urmet puisque nous avons déjà des activités en contrôle d’accès, mais Synchronic constitue un vrai relais de croissance sur des domaines connexes », explique Philippe Mallard, directeur général du groupe Urmet en France, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité. « Cette opération représente une belle opportunité, car nous sommes très connu et reconnu sur le segment résidentiel, mais moins dans le tertiaire », ajoute-t-il.

Michel Mallard nous avait déclaré en exclusivité en décembre 2018 qu’il cherchait à réaliser des acquisitions, notamment dans le contrôle d’accès (voir ETS n°666).

« Nous ferons jouer à fond les synergies en matière de développement de produits et au niveau commercial entre l’interphonie de Castel et le contrôle d’accès de Synchronic », souligne le directeur général. La société bénéficiera par exemple de la présence de Castel à l’international, notamment en Europe, Moyen-Orient ou Australie, alors que Synchronic génère déjà 10% de ses ventes à l’étranger.

L’équipe dirigeante de Synchronic, composée de Vincent Molina et Nicolas Bignard, reste en place. « Je suis un fervent défenseur des centres de profit à taille humaine et indépendants », ajoute le dirigeant d’Urmet en France qui compte sept filiales (voir encadré ci-contre).

Créé en 1988 à Franqueville Saint-Pierre, près de Rouen, Synchronic a réalisé un CA de 10,5 M€ en 2019 avec soixante salariés et compte six agences. Initialement très présente dans le monde bancaire, la société travaillait pour ce secteur à 55% de son activité en 2015 et 40% aujourd’hui. Elle s’est en effet développée dans d’autres segments comme les hôpitaux, les collectivités territoriales, la logistique, les enseignes de distribution, les sites sensibles comme les ports, aéroports, data centers ou sites militaires (voir ETS n°674). Elle aligne un parc de plus de 10 000 installations, dont certaines pouvant gérer jusqu’à mille sites connectés en simultané.

 

Impact de la crise sanitaire

« Nous n’avons pas de projet d’acquisitions à l’heure actuelle », affirme Philippe Mallard. L’entreprise a été significativement affectée par la crise sanitaire, avec une activité réduite en avril à entre 10% et 40% d’un mois normal selon les filiales. « La reprise en mai est encore timide avec 60% d’un mois normal. Le secteur du bâtiment, dont nous dépendons largement, a été frappé de plein fouet. Il faudra compter encore sur deux à trois mois pour revenir à un niveau normal, de sorte que nous pensons subir une réduction de notre CA compris entre 10% et 15% sur l’ensemble de l’année », déclare-t-il.

Urmet a fermé ses ateliers durant deux semaines et a eu recours au chômage partiel et au télétravail, notamment pour soixante commerciaux.

« L’intégrité financière de l’entreprise sera préservée. Néanmoins, notre rentabilité sera impactée, mais nous resterons bénéficiaire », annonce Le directeur général.

Autre conséquence : la livraison du bâtiment neuf devant rassembler les filiales FDI Matelec, SCS Sentinel et Yokis sur plus de 7 000 m² sera retardée de novembre prochain à février 2021.

L’exercice 2019 a été marqué par une croissance organique importante, le CA consolidé passant à 114,5 M€, en hausse de 15,6%, avec des effectifs de 480 collaborateurs (+22%). L’addition du CA des sept entités (CA agrégé) a été de 135,5 M€.

Urmet France est la principale filiale du groupe familial italien créé à Turin en 1937 qui a réalisé un CA agrégé de 356 M€ en 2019.

Les entités du groupe Urmet en France

Les sept filiales du groupe italien en France sont organisées en deux pôles  (chiffres 2019)

Le pôle résidentiel

Urmet France : contrôle d’accès et interphonie pour le résidentiel, CA de 61,7 M€ et 140 salariés ;

FDI Matelec : contrôle d’accès, CA de 18,6 M€ et 91 salariés ;

MTI/Yokis : systèmes domotiques, CA de 7,7 M€ avec 32 salariés ;

SCS Sentinel : interphonie via les enseignes de distribution, CA de 12 M€ avec 25 salariés.

Le pôle tertiaire

Castel : interphonie, CA de 21,7 M€ avec 115 salariés ;

MWS : systèmes de notification d’événements critiques, CA de 3,3 M€ avec 17 salariés ;

Synchronic : systèmes de sécurité électronique, CA de 10,5 M€ avec 60 salariés.