François Mazars : “Nous avons créé une équipe avant-vente constituée d’une dizaine de personnes”.
La filiale du groupe américain, spécialisé dans la sécurité numérique, a décidé de pénétrer un nouveau segment d’activité en se lançant dans le secteur de la cybersécurité. Il s’agit d’une branche dans laquelle les perspectives restent attrayantes et qui affiche une croissance de 9,4% en 2019, selon l’Atlas En Toute Sécurité.
Quelle stratégie adopter pour convaincre ce marché ? « Pour la France et l’Europe, il faut choisir une approche directe et indirecte, en s’appuyant tout d’abord sur des distributeurs et des intégrateurs, puis en structurant Unisys. A ce sujet, nous avons créé une équipe avant-vente constituée d’une dizaine de personnes. A notre échelle, nous sommes placés sur un segment de marché particulier dans lequel nous avons l’ambition, avec notre expertise, d’être dans le top 3 des entreprises dans lequel figurent nos concurrents comme Zscaler, Illumio ou encore Guardicore », explique François Mazars, responsable des ventes cybersécurité pour Unisys France, lors d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.
Cette restructuration, qui permet à Unisys de se recentrer sur ses principaux domaines d’expertise (environnement numérique, cloud et cybersécurité), va s’accompagner d’un plan de réduction des effectifs qui pourrait concerner près de 89 personnes, soit environ la moitié du personnel de la branche française. Il ne s’agit pas de la première reconfiguration de ce genre puisque le groupe avait activé, en 2017, un plan de rationalisation en supprimant 138 postes en France et la fermeture de neuf filiales en Europe (Suède, Portugal, Danemark et des pays de l’est).
Air France-KLM, principal client
La filiale française d’Unisys préfère se focaliser sur la clientèle du secteur privé car celle du public est un « marché complexe qui nécessite des procédures plus lourdes », souligne François Mazars. Preuve que la crise sanitaire n’a pas eu de conséquences sur la filiale française et que « la société se porte relativement bien », elle vient de signer des contrats dans des secteurs d’activité en pleine crise, comme l’aérien. A ce titre, Unisys France vient en effet de renouveler son contrat avec Air France-KLM, client « historique » depuis 1966.
Outre la compagnie franco-néerlandaise, Unisys traite aussi avec des ETI du domaine aérien, des clients spécialisés dans la production de contenus numériques, dans la banque, l’assurance, Danone, Orange, Engie, etc. « On est en train de signer avec un réseau de distributeurs. Un contrat Europe sera officialisé fin décembre début janvier », annonce François Mazars.
A l’échelle du groupe, qui existe sous la marque Unisys depuis 1986, la société est présente dans une centaine de pays sur tous les continents. En France, Unisys siège à La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), compte 180 salariés avant réduction du personnel. En 2019, l’entreprise a généré un CA de 35,8 M€ et selon les estimations, devrait descendre à 25,3 M€ en 2020. Le résultat d’exploitation, négatif à -0,3 M€ en 2019, redeviendrait positif en 2020 à 0,1 M€.
Unisys, présidé par Peter Altabef, est basé aux Etats-Unis à Blue Bell (Pennsylvanie) et compte 23 000 salariés dont la moitié sur le sol américain. Le groupe a affiché un CA de 2018 de 2,82 milliards $ puis 2,94 milliards $ l’année suivante.