Une année noire pour ICTS

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Jean-Baptiste Thélot : “Le groupe a bien résisté à une onde de choc inédite”

En raison de la chute du trafic aérien liée à la pandémie de coronavirus, le leader de la sûreté aéroportuaire a connu une « année noire » en 2020, alors que les perspectives de reprise s’éloignent au fil des mois, déclare Jean-Baptiste Thélot, son directeur général, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.

« L’impact a été très important et nous avons été rudement mis à l’épreuve, mais le groupe n’est pas en danger et a bien résisté à cette onde de choc inédite grâce aux décisions prises tout au long de l’année et à nos orientations stratégiques », explique le dirigeant.

Alors que le trafic aérien a baissé d’environ 65% en 2020, l’activité de sûreté aéroportuaire d’ICTS France a reculé de 45% à 70 M€. En revanche, l’activité gardiennage classique, logée dans la filiale CESG, a progressé de plus de 15% pour atteindre 34 M€. L’activité formation, très dépendante des métiers de sûreté aéroportuaire, a été divisée par deux à 1 M€. Au total, ICTS a réalisé un CA de 105 M€ l’année dernière, contre 154 M€ l’année précédente. « Significativement dans le rouge » pour son activité aéroportuaire, l’entreprise enregistre au total des pertes légères grâce à l’apport positif de CESG.

Au niveau du groupe, présent dans plus d’une vingtaine de pays, le CA est passé de 590 M€ en 2019 à un CA compris entre 420 et 440 M€ l’année dernière, assorti de pertes, selon les premières estimations.

ICTS a procédé à plusieurs mesures d’économie : outre le recours au chômage partiel, il a effectué moins de dépenses courantes d’équipements (uniformes, par exemple) et a reporté divers investissements, tandis qu’il a été décidé de ne pas se séparer du siège social. « Les embauches ont été gelées et des postes n’ont pas été renouvelés mais nous n’avons effectué aucun licenciement économique », précise Jean-Baptiste Thélot.

« Le trafic aérien est actuellement à un point encore plus bas qu’au début de la crise sanitaire. Le plus inquiétant est que nous avons peu d’espoir qu’il redémarre vraiment : les perspectives de reprise sont repoussées de mois en mois. Nous sommes dans un brouillard épais », confie le directeur général. Néanmoins, un retour aux profits est prévu en 2021, tant pour la France qu’au niveau du groupe.

 

Volonté de croissance externe dans le gardiennage

Des appels d’offre importants en sûreté aéroportuaire vont bientôt être lancés, notamment concernant 70% du périmètre d’Aéroports de Paris. « En raison de la crise sanitaire, tous les scenarios sont étudiés par les donneurs d’ordre, notamment une prolongation des contrats ou des appels d’offre sous condition », affirme le dirigeant.

« Les résultats 2020 ont validé la pertinence de notre diversification dans le gardiennage classique. Nous comptons d’ailleurs nous développer dans ce domaine, notamment par croissance externe. Nous n’avons pas l’ambition de figurer parmi les leaders, mais d’être un acteur de taille moyenne. Nous sommes prêts à acquérir des compétences ou des complémentarités géographiques », souligne Jean-Baptiste Thélot.

CESG souhaite notamment se développer en province qui représente 25% de son activité aujourd’hui contre seulement 7% voici quatre ans. Présente dans le Nord-Est et le pourtour méditerranéen, la société pourrait aussi s’appuyer sur les agences ICTS. Elle veut rester sur des segments de clientèle à valeur ajoutée comme le luxe, les data centers ou le tertiaire.

De même, le groupe pose ses premiers jalons dans la sécurité électronique avec des installations pilotes en Grande-Bretagne et en Suisse. « Nous sommes dans une phase de réflexion concernant l’extension de cette activité à l’ensemble du groupe, y compris en France », annonce le directeur général.