Stratégie gagnante pour le spécialiste français de l’intelligence économique ! Résolument positionné depuis quelques années comme « démineur » des marchés à risques pour les entreprises françaises en quête de croissance à l’international, l’Adit a réussi à trouver un nouvel actionnaire pour remplacer le fond de Serge Weinberg qui détenait jusqu’alors 66% de son capital. A l’issu d’enchères très disputées, c’est Parquest Capital, une société d’investissement française créée en 2002 dans le giron du groupe ING, qui vient de remporter la mise, pour un montant de 130 M€. Une valorisation record pour le groupe dirigé par Philippe Caduc dont le dernier chiffre d’affaires s’élevait à 73 M€.
Car le positionnement de l’Adit a de quoi séduire les investisseurs en quête de plus-values sur un secteur en pleine restructuration. Et notamment depuis son rachat de Geos, spécialisé dans la sécurisation des sites industriels (voir ETS n°665), l’acteur hexagonal peut désormais rivaliser avec les géants anglo-saxons de l’intelligence économique tels que Control Risks ou Kroll. « Depuis la crise des ”subprimes”, les entreprises ont compris qu’il était vital pour elles d’aller chercher de nouveaux contrats, là où il y a de la croissance. Et que celle-ci, se trouve le plus souvent dans les pays instables en termes réglementaires, politiques, ou face au risque terroriste », rappelle une source interne.
Des correspondants dans le monde entier
Cette problématique se révèle d’autant plus d’actualité aujourd’hui ! Tout d’abord car si les économies occidentales semblent avoir relevé la tête, des bulles financières demeurent et une nouvelle crise se profile. Mais aussi, car les entreprises françaises seront de plus en plus confrontées à des bouleversements géopolitiques impliquant une redistribution des cartes en matière d’influence russes et américaines, comme c’est actuellement le cas dans la zone turco-syrienne. « Nous sommes définitivement sortis d’une période d’ordre mondial, pour rentrer dans un cycle de chaos permanent, assure-t-on à l’Adit. Les entreprises doivent s’adapter et se doter de moyens pour saisir ces opportunités. Même si le marché ne dure que 4 à 5 ans. Nôtre rôle, c’est d’éclairer leur chemin. De regarder là où elles mettent les pieds. Mais une fois implantées, garder les yeux ouverts sur la dynamique du pays. Nous sommes les mieux placés pour mener à bien cette mission grâce à notre histoire. Ainsi que notre large réseau de correspondants répartis dans le monde entier. »
Une expertise qui pourrait se renforcer dans les jours à venir pour le fer de lance de l’économie française à l’international. Le groupe est en effet entré en discussions avec Total, Airbus, Thales, Safran, MBDA et Dassault Aviation, pour leurs racheter Eurotradia International, la société de conseil en grands contrats exports pour l’aéronautique, la défense, l’énergie et les infrastructures dont ils sont actionnaires. Un dossier hautement sensible du fait des composantes politiques de cette entité quasi centenaire…
Là encore, la structure capitalistique de l’Adit, où la puissance publique demeure fortement ancrée (30 % du capital reste aux mains de Bpifrance, et l’état détient une action de préférence après en avoir été le principal propriétaire du début des années 90 jusqu’à sa privatisation en en 2011), lui a permis de remporter la mise. Et de rassurer les différents acteurs, qu’ils soient étatiques comme privés.
Reste cependant à faire jouer les synergies. Et pouvoir modifier le périmètre d’activité de cette future acquisition. Afin de s’affranchir de la partie dédiée à l’achat d’équipement. Pour profiter pleinement de son savoir-faire et de son expertise en matière de conseil et permettre ainsi à l’Adit de se renforcer sur le terrain de la diplomatie d’affaires.