Tunstall Vitaris à l’affût d’acquisitions en France

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Soutenue par un marché jugé porteur, la filiale française du leader européen de la téléassistance et de la santé connectée affirme vouloir se développer par croissance organique mais aussi par acquisitions.

« Nous examinions systématiquement toutes les opportunités qui se présentent dans la téléassistance en France. Les cibles doivent être rentables, offrir des synergies avec nos activités et partager nos valeurs d’éthique et de qualité », déclare Alain Monteux, PDG de Tunstall Vitaris France et Benelux, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.

Dans les années 2000, le groupe britannique s’est d’ailleurs implanté en France grâce à l’acquisition de Vitaris, fondé en 1988 par Michel Suchaut, qui était à l’époque n°5 de son secteur. Il a ensuite racheté La Tourangelle de Téléassistance, en 2018, installée à Tours et gérant 2000 raccordements. « Nous pensons que le marché français va se concentrer suite à plusieurs rachats », ajoute le PDG.

Tunstall Vitaris ne s’intéresse pas au marché voisin de la télésurveillance résidentielle, car les synergies sont jugées « inexistantes ». Une approche corroborée par la décision de Securitas France -également télésurveilleur- de vendre son activité téléassistance en novembre dernier à Bluelinea (voir ETS n°731).

« Nous croyons beaucoup à l’avenir de la téléassistance, notamment parce que les places en Ehpad sont insuffisantes. La pandémie de covid19 a d’ailleurs démontré les bienfaits de notre métier. La profession a bénéficié de la reconnaissance des pouvoirs publics et des particuliers », affirme le dirigeant.

« Le métier se complexifie avec des offres plus larges que la simple transmission d’alarme lorsque la personne abonnée a un problème. Les services proposés incluent désormais de la domotique intégrant de la détection de fumée ou d’inondation, le contrôle de l’ouverture de la porte d’entrée ou du réfrigérateur », ajoute Alain Monteux. De plus, Tunstall Vitaris a mis en place un service d’écoute du patient : sur plus de trois millions d’appels traités par an, un million provient directement de ses abonnés à la recherche d’un soutien ou d’un renseignement.

La société, qui réfléchit à retirer le nom de Vitaris pour conserver uniquement celui de Tunstall, se positionne largement comme le numéro un du marché français avec plus de 185 000 raccordements, notamment sous la marque Libr’Alerte pour les ventes aux particuliers. Employant 170 salariés, la filiale a réalisé un CA de 21 M€ en 2021. 
Elle gère 50 000 interventions à domicile par an. La société dispose de quinze agences et en créée régulièrement de nouvelles : Biarritz et Angers sont les dernières de la liste.

80% des installations s’effectuent directement par l’entreprise et 20% par un réseau d’environ 400 installateurs.

Pour 2022, l’objectif est d’atteindre 25 M€, grâce à de nouvelles offres et probablement de franchir le cap des 200 000 raccordements en 2023.

 

Des rachats en Europe

Ces dernières années, le groupe britannique a multiplié les acquisitions afin d’étendre ou de renforcer sa présence géographique. La dernière opération en date s’est produite à la mi-mai en Finlande, un pays où Tunstall est déjà présent : il s’agit de Verifi, créée en 2003.

En mars dernier, le téléassisteur avait racheté BeWo en Allemagne et Secuvita aux Pays-Bas en juin 2021 qui gère 70 000 raccordements.

Le groupe créé en 1957, dirigé par Emil Peters depuis le mois dernier, est présent dans 22 pays (et leader dans dix d’entre eux), dont les principaux pays d’Europe, de même qu’en Australie, Nouvelle-Zélande et Emirats Arabes Unis. Employant plus de 3 000 salariés, il gère plus de cinq millions de raccordements de téléassistance grâce à quinze stations. Il fabrique ses propres matériels.