Tracor Europe affiche des performances en demi-teinte

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A défaut d’avoir connu une mauvaise année 2020 en raison de la crise sanitaire, Tracor Europe reconnaît vivre une période contrastée sur le plan économique et financier. Malgré un mois de septembre « exceptionnel » pour le distributeur de solutions de sécurité IP et de contrôle d’accès, avec 1,7 M€ de prise de commandes, l’entreprise enregistre un retard de 0,6 M€ par rapport au chiffre de septembre 2019. « Nous n’avons pas eu d’interruption. Grâce à une organisation en télétravail, nous avons poursuivi notre activité à 70% de notre capacité normale. A la fin juin, nos résultats ont été équivalents à ceux de juin 2019 et ce malgré un été mou. En revanche, nos prévisions de CA 2020 sont en recul de 1 M€ par rapport à l’an dernier », explique Catherine Dalle, co-gérante de Tracor Europe, lors d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.

La société était pourtant bien partie. Elle est en effet passée de 13,8 M€ de CA en 2018 assorti d’un résultat net de 0,12 M€, à 15,1 M€ pour 78 000€ de résultat net l’année dernière. La perspective de CA 2020, initialement fixée à 15,5 M€, a été revue à 14,5 M€ pour un possible résultat net de 40 000 €. Tracor Europe ne prévoit aucun plan de restructuration et de licenciements. Il s’agit « d’aller aussi loin que possible en gardant notre structure intacte », assure Catherine Dalle.

 

Maintien de la stratégie

Malgré la crise sanitaire, Tracor Europe ne compte pas modifier sa stratégie. L’entreprise effectue entre 8 et 10% de son CA à l’export, notamment au Maghreb et en Afrique sub-saharienne francophone. Cependant, Tracor Europe n’envisage pas de se concentrer davantage sur le continent africain et n’émet aucune velléité de prospection. « Nous avons un commercial dédié qui fait le tri des partenaires qui sont à même de porter une offre. Bien qu’il s’agisse d’un marché en dents de scie, le business en Afrique reste dynamique », poursuit Catherine Dalle.

Tracor Europe, implanté à Lisses et qui emploie 14 salariés, ne compte pas recruter cette année et n’envisage pas de s’installer davantage en France ou à l’étranger. « Tout se fait à partir du siège et nos équipes sont sédentaires. Nous avons quatre commerciaux qui se partagent la France en quatre. Notre objectif est de développer les zones géographiques qui fonctionnent moins bien, comme le sud-ouest et le nord-est », détaille Catherine Dalle.

Concernant la répartition du capital, Catherine Dalle et Yves Dalle (mari et co-gérant) possèdent 66% des parts de la société. Les 34% restants reviennent à leur fils via le pacte Dutreil. Ce dispositif permet de faciliter la transmission d’entreprise en allégeant la fiscalité sur les donations ou sur les successions.

Tracor Europe possède un portefeuille de mille clients dont les grands intégrateurs français comme Eryma, Bouygues, Ineo, Snef, Eiffage ou Vinci.

Paradoxalement, la société se retrouve face à une problématique : « les gros intégrateurs apportent du volume mais nous prennent de la marge avec des accords-cadres complexes. Aujourd’hui, il serait préférable de faire plus de chiffre avec les petits et moyens intégrateurs plutôt qu’avec les gros », analyse Catherine Dalle.

Tracor Europe entreprend également une diversification en développant son segment de clientèle. L’entreprise a noué en 2019 un partenariat avec le constructeur israélien de Radio THD Radwin. Un accord qui leur permet donc de pénétrer le marché des télécommunications.