Pascal Genelot : “C’est notre capacité d’innovation qui nous a permis de conquérir de nouveaux marchés”.
Cette PME spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes d’alarme anti-intrusion a renoué avec la rentabilité et aborde de nouveaux segments de marché, annonce au cours d’un entretien à En Toute Sécurité son directeur général, Pascal Genelot.
Après avoir rencontré des difficultés « d’ordre conjoncturel » et des pertes de l’ordre de 0,18 M€ en 2014 et jusqu’à 1,56 M€ l’année suivante selon les chiffres publiés dans l’Atlas d’En Toute Sécurité, l’entreprise poursuit son redressement et ambitionne de fortes perspectives de croissance. Affichant des bénéfices depuis 2016, elle a fait grimper son CA de 2,5 M€ en 2015 à 2,6 M€ l’année suivante et atteignant en 2017 3,3 M€ (+24%). Pour 2018, le directeur général table sur un minimum de 4,2 M€.
Ancienne marque d’Alcatel, cette société fondée en 2008 au Creusot (Saône-et-Loire) est devenue pleinement autonome en 2011 avec le rachat par Legrand de l’activité téléassistance d’Intervox Systèmes, dont elle était la filiale sous le nom d’Intervox Surtec (voir ETS n°494). Depuis ce rachat, Surtec et sa société sœur, BSE Electronics, fournisseur en solutions électroniques et informatiques, sont réunies dans une nouvelle holding détenue par les actionnaires historiques.
La société, dont l’effectif était tombé à neuf salariés en 2016 (contre quinze trois ans plus tôt), en emploie désormais 10 en propre. Ingénieurs en développement logiciel et intégrateurs pour la plupart. Revendiquant le statut de concepteur avant celui de fabricant, la société dispose d’un bureau d’étude composé de cinq personnes en développement logiciel. En outre, une dizaine de salariés parmi la centaine qui composent BSE Electronics — également implanté sur le site du Creusot — travaillent en partie pour elle. Et le dirigeant d’annoncer le lancement de nouveaux produits : une application pour smartphone conçue à la fois pour les utilisateurs finaux et les installateurs avec une option de télémaintenance, la création d’un cloud pouvant y être relié et des caméras IP.
Développement du segment professionnel
Après avoir notamment dirigé le leader français de la téléassistance Vitaris et Tunstall Technologie, Pascal Genelot a pris la direction de Surtec en septembre 2014. « Le principal atout de Surtec est d’être un spécialiste dédié à 100% à la télésurveillance, avec une expertise de 30 ans », estime le dirigeant.
A l’heure actuelle, les deux tiers de l’activité sont encore consacrés au segment résidentiel, contre un tiers pour le professionnel. « Mais aujourd’hui, nous nous renforçons dans le professionnel, notamment grâce à la surveillance extérieure », indique le dirigeant. En effet, Surtec aborde depuis peu de nouveaux segments de marchés tels que les chantiers, les échafaudages et locaux vacants, avec le lancement d’une caméra extérieure en 2016. « On assiste à un engouement du marché pour cette solution depuis un an », indique le dirigeant. « C’est avant tout la capacité d’innovation de Surtec qui lui a permis de conquérir de nouveaux segments de marché », estime-t-il.
La R&D représente son premier poste d’investissements, afin de se doter des technologies de pointe permettant de sécuriser les systèmes ou de limiter les déclenchements intempestifs.
Certifiée NFA2P, Surtec s’ouvre également à l’export depuis deux ans grâce à l’obtention de la certification EN. La société comptabilise aujourd’hui 250 clients professionnels, répartis en France et en Afrique du Nord, au premier rang desquels se trouve Protection 24, la filiale de BNP Paribas spécialisée dans la télésurveillance. C’est d’ailleurs pour ce type de profils (banques, banque-assureurs, gros télésurveilleurs, etc.) que Surtec a lancé en mars dernier un nouvelle centrale d’alarme « conçue pour faire du volume ».