Cécile Schmollgruber : “Nos caméras sont capables de détecter si des personnes ne respectent pas les distances de sécurité”.
La période d’épidémie du coronavirus s’avère profitable pour Stereolabs. Le fabricant de caméras 3D intelligentes, permettant à un opérateur de détecter si des personnes ne respectent les distances de sécurité sanitaire dans une file d’attente, enregistre une hausse importante de son CA depuis mars, mois durant lequel a démarré la période de confinement. La société voit également son nombre de ventes augmenter en ce moment si particulier.
« Nous cherchons à répondre à nos besoins clients, ce qui explique la hausse de 30% de notre CA depuis le mois de mars. En France, notre objectif est d’installer 10 000 caméras afin que nos clients puissent faire respecter la distanciation sociale entre les personnes », explique Cécile Schmollgruber, PDG et cofondratrice de Stereolabs, au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.
La start-up a été créée en 2010 par Cécile Schmollgruber, Olivier Braun et Edwin Azzam. Elle siège aujourd’hui à Montrouge. Elle dispose de deux filiales aux États-Unis (San Francisco et New York). La jeune pousse veut d’ailleurs renforcer son implantation internationale et française. « D’ici cinq ans, nous souhaitons ouvrir une dizaine de bureaux à l’étranger, plus particulièrement aux États-Unis qui est notre plus gros marché, et en France où nous concentrons nos activités de recherche et développement, puis en Allemagne et en Angleterre », poursuit Cécile Schmollgruber.
45% du CA aux États-Unis
L’entreprise axe en effet sa stratégie sur l’export puisqu’elle génère 80% de son CA à l’étranger dont 45% aux États-Unis, 35% en Chine, Japon et Corée du Sud et le reste en Europe. Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, la start-up a élargi sa clientèle. Elle répond aux appels d’offres lancés par des gouvernements des pays européens, équipe des usines et des entrepôts, des magasins et des professions libérales comme les médecins. « C’est quelque chose de nouveau pour nous », affirme Cécile Schmollgruber.
Stereolabs effectue 80% de ses ventes en direct et 20% à travers des distributeurs asiatiques. Bien que les composants viennent de Chine, « l’assemblage et la fabrication de nos solutions s’effectuent en Europe à des fins de protection du matériel », assure la PDG de Stereolabs. La société investit massivement dans la recherche et développement et prévoit d’ailleurs de recruter 10 personnes en France et outre-Atlantique (commerciaux et développeurs logiciels) pour accélérer sa croissance.
Concernant la répartition du capital, seul CapDecisif Management, un fonds d’investissement tourné vers les secteurs du numérique et de la santé, y est entré. Stereolabs reconnaît d’ailleurs une forte guerre des prix dans le marché de la sécurité. « Nous n’entrons pas dans cette guerre et restons sur des segments à haute valeur ajoutée où il y a peu de concurrence », analyse Cécile Schmollgruber. Rendez-vous donc en 2021 pour connaître les chiffres consolidés de l’entreprise.