Stanley met fin à sa diversification dans la sécurité

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électronique.

Le groupe diversifié américain achève en effet la cession de toutes ses activités de sécurité : il a conclu le 22 avril un accord avec son compatriote Allegion pour lui vendre son département contrôle des accès qui a réalisé un CA de 340 M$ en 2021.

Cette opération intervient après l’accord signé en décembre dernier avec Securitas pour lui céder sa sécurité électronique pour un montant de 3,2 milliards de $ et représentant un CA de 1,7 milliards de $ (voir ETS n°732).

L’acquisition de Stanley Access Technologies, soumise à l’autorisation des autorités de la concurrence, s’élève à 900 M$ et devrait être finalisée au 3e trimestre.

Stanley avait racheté plusieurs entreprises dans le contrôle des accès, dont une société opérant depuis 1931. Cette activité, en croissance régulière, recouvre la fabrication et l’installation de portes automatiques coulissantes, pliantes, tournantes ou battantes, de même que les services associés. Ses principaux clients se trouvent en Amérique du Nord dans les domaines de la santé, de l’éduction, de la distribution, du tertiaire et des administrations.

La gamme des produits Stanley qui va être cédée est largement complémentaire de l’offre d’Allegion.

 

Stanley : la fin de la saga dans la sécurité

Comme pour la vente de sa sécurité électronique à Securitas, le produit de la cession d’Access Technologies servira à Stanley pour racheter ses propres actions et à réduire son endettement.

Le CA du groupe américain dans la sécurité a culminé à 2,4 milliards de $ en 2013 suite à de nombreux rachats comme ses compatriotes Best Access, Sonitrol et la télésurveillance d’Honeywell, le suédois Niscayah, le français Générale de Protection ou la filiale française d’ADT.

Néanmoins, les synergies ont été longues à se mettre en place et la rentabilité de la division sécurité a toujours été plus faible que celle du reste du groupe, qui est également présent dans les produits industriels et le bricolage, mondialement connu par sa marque Black&Decker. En 2020, par exemple, la rentabilité de la sécurité a été deux fois inférieure à celle des ventes des autres divisions.

Le premier désengagement de Stanley de la sécurité a été la vente de la serrurerie à Dormakaba en 2017 pour un montant de 725 M$ et un CA de 276 M$ (voir ETS n°623 et 627). En octobre 2020, Stanley a cédé sa sécurité électronique dans cinq pays (Allemagne, Suisse, Portugal, Inde et Singapour) à Securitas représentant un CA de 85 M$ (voir ETS n°706).

La plus importante cession a évidemment été la vente de toute la sécurité électronique à Securitas, qui devrait être finalisée au cours de ce premier semestre. Pour le groupe suédois, il s’agit d’une acquisition « transformatrice », selon les termes de son PDG, Magnus Ahlqvist. Securitas, qui réalise 22% de son CA avec des solutions intégrant de la sécurité électronique, soit 2,5 milliards de $, franchirait ainsi la barre des quatre milliards de $ et figurerait ainsi dans le peloton de tête mondial des groupes dans ce domaine.

Le retrait de Stanley de la sécurité n’est pas une première à l’échelle internationale. Les raisons de l’abandon de ce secteur par des groupes diversifiés sont toujours les mêmes : la difficulté à s’imposer comme un leader mondial, le manque de synergies avec d’autres activités ou une rentabilité insuffisante.

 

D’autres cessions emblématiques

Le cas le plus emblématique est General Electric : le conglomérat américain, qui avait fait son entrée sur le marché de la sécurité en 2001 en rachetant Interlogix (voir ETS n°293) a multiplié les acquisitions pour cumuler à deux milliards de $ dans ce domaine. S’estimant trop petit, il revend toutes ses activités huit ans plus tard (voir ETS n°455 et 462).

Même diversification pour le constructeur aéronautique français Safran : il acquiert des leaders de la détection d’explosifs puis les cède en 2017 (voir ETS n°630). La série s’allonge avec Schneider, leader de l’équipement électrique qui tente l’aventure de la vidéosurveillance : en 2007, il rachète Pelco, leader mondial de l’époque (voir ETS n°417) et le revend à un fonds américain en 2019 (voir ETS n°673), malmené par la concurrence féroce des fabricants chinois.

Le parcours est plus complexe pour UTC : le conglomérat américain s’est diversifié dans la sécurité, notamment en rachetant Chubb et Kidde en 2003 (voir ETS n°327 et 358), cumulant un CA qui est monté à 5,5 milliards de $. Début 2020, le groupe se scinde en trois entités, dont une regroupant la climatisation (Carrier) et la sécurité (voir ETS n°690). En janvier 2002, Carrier revend la quasi-totalité de sa sécurité, sous la marque Chubb, à son compatriote APi (voir ETS n°734).

La mondialisation n’est pas un long fleuve tranquille…

 

Allegion : un challenger offensif

Avec le rachat du contrôle d’accès de Stanley, l’Américain Allegion concrétise sa volonté de figurer parmi les leaders mondiaux de la sécurité. Avec le Suisse Dormakaba, il est le challenger le plus sérieux du Suédois Assa Abloy, n°1 mondial de la serrurerie et du contrôle des accès.

Le groupe a une longue histoire dans l’industrie de la sécurité, sous le nom d’Ingersoll Rand. Le groupe industriel diversifié a en effet débuté ses acquisitions dans ce domaine en rachetant Schlague en 1974 puis a accéléré ses opérations de croissance externe à partir des années 2000, surtout en Europe.

Il acquiert ainsi le leader allemand Interflex en 2000 (voir ETS n°269), puis Cisa en janvier 2002, le leader italien de la serrurerie (voir ETS n°293).

Depuis, la croissance externe s’est arrêtée, notamment parce qu’Ingersoll Rand réfléchissait à l’avenir de sa division sécurité. La décision est prise : celle-ci prend son indépendance début 2014 avec sa cotation en bourse, sous le nom d’Allegion (voir ETS n°561). Une opération menée par David Petratis qui est encore aujourd’hui à la tête du groupe de sécurité.

A l’époque, Allegion pesait deux milliards de $ avec une présence dans 120 pays, dont Bricard en France, n°4 de la serrurerie selon l’Atlas d’En Toute Sécurité avec un CA d’environ 40 M€.

Le groupe américain a réalisé un CA de 2,86 milliards de $ en 2021 avec 11 000 salariés (voir ETS n°737) et dépassera les 3,2 milliards de $ après l’apport des activités de Stanley Security.