Direction l’Allemagne pour Sorhea. La filiale du groupe Vitaprotech qui fabrique et commercialise des systèmes électroniques de détection périmétrique d’intrusion, a ouvert en mars une filiale à Francfort-sur-le-Main. Cette implantation s’inscrit dans une stratégie de croissance à l’export. Sorhea souhaite faire du voisin outre-Rhin le deuxième marché derrière la France.
« Nous avons ciblé l’Allemagne car nous y sommes depuis longtemps via des acquisitions et travaillons avec des clients comme Deutsche Bahn, Siemens, Bosch, Henkel, Mercedes et proposons nos solutions à des sites sensibles. Le meilleur moyen d’y entrer est donc de créer une agence et de l’étoffer. L’objectif est de décrocher une quinzaine de projets d’ici à 2022. C’est désormais l’occasion de pénétrer un marché à haut potentiel », explique Christian Valette, directeur général de Sorhea, au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.
Déjà implanté aux Etats-Unis avec un bureau de quatre salariés dans le Nevada ayant généré 4 M€ de CA, et au Canada via sa société d’ingénierie Protech VideoWave, Sorhea est également présente en Finlande où elle protège des sites militaires et y a détaché un commercial pour sonder les pays du nord et de l’est de l’Europe. L’entreprise compte également un agent pour la zone sud-américaine et travaille avec des établissements pénitentiaires au Mexique. La société a d’ailleurs signé fin 2020 un contrat avec un « très gros intégrateur » en Argentine.
A l’échelle continentale, Sorhea s’intéresse aussi aux marchés britannique, espagnol, suisse, du Benelux et des pays scandinaves. « Nous sommes soutenus par la Bpifrance pour investiguer dans certains pays mais le gros de notre travail, c’est l’Allemagne. On souhaite exporter notre modèle économique français, fondé sur la conception et la vente », précise Christian Valette.
Cela signifie pour l’entreprise vendre à des intégrateurs et des installateurs pour les proposer à différents segments comme l’énergie, le militaire et l’industrie. En France, Sorhea possède en son portefeuille des entreprises comme Honeywell (avec qui elle a signé un contrat monde début 2021), Securitas, des infrastructures portuaires, des fermes solaires, des postes de transformations électriques, plusieurs dizaines de sites Seveso et des déchetteries.
« Le gros de notre business se fait dans le régalien avec les ministères de la Justice et de l’Intérieur puis dans l’industrie avec des sociétés comme Engie et RTE », poursuit Christian Valette. Créée en 1987 et siégeant à Vaulx-en-Velin sous pavillon Vitaprotech, Sorhea recense 90 salariés, filiale étrangères incluses. La production s’effectue en France au sein du quartier général de Vitaprotech et aux Etats-Unis.
Concernant les chiffres, Sorhea annonce « un très bon début d’année 2021, conforme aux objectifs fixés ». La filiale, qui investit entre 7 et 8% de son CA en R&D, a généré 10 M€ de CA en 2019 grâce à un gros contrat remporté en Algérie. Le chiffre 2020 reste stable en raison de la crise sanitaire qui a freiné la croissance. Sorhea table sur un CA 2021 de 11 M€ et entre 15 et 16 M€ pour la partie intrusion de Vitaprotech.