SNES : un rôle pilote pour la future Académie de formation

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Pascal Pesh, devant les adhérents de l’Unafos : “L’Académie sera un lieu d’échanges et de partages des réflexions”.

Le SNES et l’Unafos ont annoncé le 6 avril la création d’une future Académie Professionnelle de la sécurité privée qui se présente comme une « structure d’ingénierie qui fera le lien entre la formation en sécurité et les besoins de la profession ».

Cette entité à vocation fédérative permettra de réfléchir à l’avenir de la formation en sécurité, a expliqué Philippe Maquin, président de l’Unafos, qui est également administrateur du SNES.

Le SNES apparait comme le pilote de ce projet. C’est d’ailleurs notamment pour cela que la création formelle de l’Académie, initialement prévue pour janvier, devrait finalement intervenir en septembre prochain. Pascal Pech, élu en décembre dernier à la tête du SNES (voir ETS n°644) a en effet d’emblée souhaité s’impliquer activement sur ce dossier.

Ce sera un « lieu d’échanges et de partages des réflexions », a souligné Pascal Pech, président du SNES, qui s’exprimait devant les adhérents de l’Unafos au cours de leur assemblée générale pour dévoiler les grandes lignes de ce projet. « Il faut repartir des besoins exprimés par nos entreprises et nos clients pour reconstruire une grille des compétences. Ceci permettra ensuite de déterminer les formations nécessaires », a-t-il-ajouté. « La formation n’est pas une activité mature et n’est pas encore dans le bon dispositif, car sa valeur n’est pas reconnue par le client », a-t-il-estimé.

Le président du SNES a tracé les directions pour améliorer la situation, soulignant que l’émergence de nouveaux métiers va impliquer la création de nouvelles formations. Il a par exemple cité les fonctions de responsable de la conservation des armes des agents de sécurité, de responsable éthique ou encore les personnes en charge de l’analyse vidéo, de la gestion de la RGPD ou de l’utilisation des drones.

 

Une vocation de maître d’ouvrage

Pascal Pech a insisté sur la faiblesse de l’encadrement intermédiaire dans la profession et ce sujet pourrait être un axe de travail essentiel de l’Académie. Celle-ci pourrait aussi s’occuper de sujets comme la formation des formateurs ou l’enseignement à distance. Le président du SNES s’est également prononcé pour la création d’un site internet recensant les organismes de formation en sécurité et le contenu des cursus proposés.

La future Académie ne proposera pas directement de cursus de formation pour les professionnels et ne sera donc pas en concurrence avec les centres de formation : elle aura un rôle de maître d’ouvrage et déléguera des missions à différents partenaires sur des questions pour lesquelles il n’existe actuellement pas de solution jugée satisfaisante. A noter que le SNES forme chaque année une quarantaine de dirigeants en vue de les aider à obtenir la certification QualiSécurité : ce cursus pourrait à l’avenir être confié à l’Académie ou à un de ses partenaires.

Si l’Unafos sera le partenaire privilégié, on pourrait aussi trouver l’AS2P (Association pour le développement et la professionnalisation des personnels de sécurité privée). Cette dernière, créée à l’origine par le SNES en 2006 avec Jean-Pierre Malguy comme président, a pris son indépendance et s’est spécialisée dans la formation des dirigeants d’entreprises de sécurité. Réédition, la société de communication d’Olivier Duran, directeur de la communication du SNES, pourrait également être partie prenante, tout comme la filiale formation d’Abscisse Sécurité, dirigée par Ralph Bonan. Précisons que ces deux structures sont implantées à Lyon, tout comme le sera l’Académie.

Le futur Campus européen de la sécurité, qui est en gestation à l’initiative d’Alain Juillet, sera aussi implanté à Lyon, mais ses relations avec l’Académie sont encore à définir. Même incertitude concernant les relations avec l’Institut de formation en cours d’élaboration par l’USP, qui devrait, lui, être probablement basé à Paris.

 

Un budget estimé à 0,1 M€

L’Académie devrait bénéficier d’un budget annuel de 0,1 M€ environ, bien que le montant ne soit pas encore totalement déterminé. Unafos a indiqué au cours de son assemblée générale qu’elle apportait un montant de 20 000 €. Le SNES devrait logiquement être le plus gros contributeur. Ces fonds devraient permettre de financer une structure permanente et de s’adjoindre la collaboration plus ou moins régulière de plusieurs experts.

La formation en sécurité a longtemps été considérée comme un des maillons faibles de la sécurité privée, notamment en raison de la présence de centres de formation délivrant des cursus ne répondant pas aux besoins réels ou ayant des pratiques illicites. C’est pour remédier à ces lacunes que la formation en sécurité a été intégrée en 2016 dans le périmètre réglementé de la sécurité privée. Le nombre de centres de formation était alors compris entre 600 et 800 pour s’établir aujourd’hui à environ 470 établissements agrémentés. Certains estiment que ce nombre pourrait probablement descendre à 400 dans un proche avenir.