SNEF : priorité au développement de l’activité sûreté

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Stéphane Couturier : “Nous cherchons à acquérir des sociétés pour nous renforcer en régions ou pour nous ouvrir des marchés sur lesquels nous ne sommes pas encore présents”.

Le groupe indépendant de génie électrique donne la priorité à son développement dans les courants faibles et notamment aux activités de sûreté, déclare Stéphane Couturier, directeur de la marque SNEF Connect, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.

« Cette volonté se traduit notamment par de nombreux recrutements : une cinquantaine de postes sont ouverts pour des effectifs actuels de 400 collaborateurs chez SNEF Connect. Nous avons ainsi l’intention de renforcer notre expertise technique dans la vidéo intelligente, la transmission d’images ou l’internet des objets », ajoute-t-il. Un centre d’intégration des solutions a été créé au début de cette année à Marseille.

Par ailleurs, le groupe étudie la possibilité de réaliser des acquisitions dans la sûreté, ce qu’il n’a pas encore fait en France. « Nous recherchons des sociétés pouvant renforcer notre présence géographique, notamment en Bretagne et dans l’Est, ou pour nous ouvrir des marchés sur lesquels nous ne sommes pas encore présents comme les enseignes de distribution, les transports, la logistique ou l’agro-alimentaire », affirme Stéphane Couturier.

 

Des références prestigieuses

SNEF Connect, qui dispose de douze agences dédiées, rassemble quatre activités au sein du groupe SNEF : la sûreté, la sécurité incendie, la GTB-GTC et enfin la transmission de données. Cette entité connait une croissance rapide, passant d’un CA de 39 M€ en 2015 à 45 M€ l’année dernière, avec un objectif de 70 M€ cette année. « Nous voulons atteindre le cap des 100 M€ le plus rapidement possible, probablement dès 2019 », confie le directeur. En 2016, la vidéosurveillance a représenté 20 M€ (18 M€ l’année précédente), le contrôle d’accès 5 M€, l’alarme anti-intrusion 4 M€, l’anti-incendie 4 M€, la transmission de données 8 M€ et la GTB 4 M€.

Cette croissance dynamique a été obtenue grâce à la signature de plusieurs références prestigieuses, avec l’ambition d’offrir une approche globale de la protection des sites. SNEF Connect a ainsi remporté le contrat pour la réalisation du système de vidéosurveillance de la ville de Marseille (un millier de caméras au total dont 500 pour SNEF) et celui de Toulouse (300 caméras). Au total, la société marseillaise a équipé 140 villes, à l’instar de Dunkerque, Boulogne-Billancourt, Orgeval, Cassis et tout récemment Lourdes.

SNEF Connect a également installé la protection des sites de production d’Airbus à Toulouse, avec des matériels allant de la vidéosurveillance, au contrôle d’accès en passant par des clôtures, barrières et équipements de télécom. De même, l’entité a fourni la vidéosurveillance de la vingtaine d’agences fiduciaires de la Banque de France. Chez EDF, elle équipe le centre de formation et de recherche de Saclay et partage avec Assystem le basculement de la vidéosurveillance analogique vers le numérique des 58 centrales nucléaires. La société protège aussi les sites de production d’une maison de luxe et a livré la sonorisation de sécurité du stade de Lyon. Elle assure la surveillance de bâtiments inoccupés avec une technologie en bas débit.

A l’étranger, le contrat le plus important de SNEF Connect est l’Office Chérifien des Phosphates au Maroc, signé fin 2015 et qui représente un montant de plusieurs M€. Au Brésil, l’entreprise a remporté la sécurité une ligne du métro de Sao Paulo.

 

Un groupe indépendant

Très discret jusqu’à présent, le groupe SNEF espère franchir le cap du milliard d’€ de CA cette année, à comparer avec environ 930 M€ en 2016. Toujours rentable et non endetté, il emploie 10 000 collaborateurs, dont 4 000 à l’étranger. Plusieurs acquisitions ont été réalisées en France et à l’étranger sur son cœur de métier.

Le groupe est présidé par Jean-Pierre Dréau (actionnaire majoritaire aux côtés des salariés), qui est seulement le troisième patron de l’entreprise depuis sa création en 1905, ce qui en dit long sur la stabilité de la société. Par la composition de son capital, SNEF se distingue de concurrents opérant dans le génie électrique qui sont filiales d’entités comme Ineo, Vinci ou Bouygues.

Créé dans le port de Marseille, SNEF a débuté dans le génie électrique pour des navires avant de se diversifier vers le segment de l’industrie, puis de l’énergie, du tertiaire, des collectivités locales, des télécom, etc. en se positionnant sur les courants forts et faibles, la maintenance et la climatisation.