SGI Sécurité se structure pour son expansion

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Patrice Brunel : “La création d’une holding va nous permettre de rassurer nos banques et nos clients.

 

Spécialisée dans la sécurisation des sites sensibles, la société de gardiennage va constituer d’ici la fin de l’année une holding pour faire face à son développement et consolider sa croissance, annonce son gérant, Patrice Brunel, au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité. « Cette société financière va coiffer nos différentes filiales et nous permettra notamment de rassurer les banques ainsi que nos clients », explique-t-il. 

Dotée d’un capital de plus de 1 M€, la nouvelle entité-mère prendra la forme d’une SAS. Patrice Brunel en détiendra 100% des parts, devenant de facto son président. Depuis sa création en 2013, la société connaît en effet une croissance soutenue. Son gérant, qui indique avoir renouvelé tous ses contrats en 2017, revendique pour cet exercice un CA de 10 M€, contre 6 M€ l’année précédente. Pour 2018, il table sur une progression de 50%, avec 15 M€ de CA. Le résultat net, de 0,07 M€ en 2017, devrait quant à lui atteindre 0,1 M€ cette année, escompte-t-il.

La signature récente de contrats avec la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV) de Tours, trois centres hospitaliers pour de la sécurité incendie, ou encore des sites Seveso en Île-de-France devrait lui permettre d’atteindre ces objectifs. Les effectifs devraient croître en conséquence, passant de 430 salariés en équivalent temps plein aujourd’hui à 650 d’ici la fin de l’année.

Ancien directeur du développement chez ESI (racheté par Seris) pendant 15 ans, Patrice Brunel a repris la gérance de SGI Sécurité en 2015, dont il était jusqu’alors simple actionnaire. En plus de son siège social de Montpellier, la société s’est dotée dès 2014 d’une seconde entité (SARL) à St-Denis, afin de se développer en région parisienne. Cinq agences supplémentaires sont venues s’ajouter à ces deux sites, à La Rochelle, Lyon, Bordeaux, Tours, et plus récemment à Marly, en Moselle. « Nous couvrons désormais une grande partie du territoire national et réfléchissons à une ouverture sur la Bretagne en 2019 », indique le dirigeant. Des recrutements sont d’ailleurs en cours, à La Rochelle et à Montpellier, pour des postes de responsables d’exploitation. Plusieurs contrôleurs de gestion et assistants d’agence devraient également être recrutés prochainement.

 

Priorité à la croissance organique

Depuis sa création, SGI Sécurité se spécialise sur les sites d’importance vitale, qui ne représentent pas moins de 90% de son CA. Parmi ses principales références, on trouve le ministère des Armées (avec des bases aériennes à Salon de Provence, Rochefort, des centres d’essais de missiles etc.), le ministère de la Justice (notamment pour des palais de justice), des sites nucléaires (à Marcoule), des IGH ou encore des hôpitaux pour des prestations de sécurité incendie. Sur ces sites qui nécessitent « un savoir-faire bien particulier », on ne retrouve généralement que « quatre ou cinq majors » sur les appels d’offre, estime le dirigeant.

Accréditée Confidentiel Défense depuis 2015, la société met l’accent sur le respect des normes et a lancé une procédure de certification ISO-9001 pour son site de Montpellier. « La demande du Commissariat à l’énergie atomique, de la Défense nationale ou sur des sites sensibles nous l’impose », explique le chef d’entreprise. Ce secteur bien spécifique des activités de gardiennage se caractérise aussi selon lui par « un turn-over plus faible qu’ailleurs », comme par exemple dans la grande distribution qui représente néanmoins 10% de son CA, avec des références comme Leclerc et Carrefour.

Patrice Brunel a d’ailleurs fait le choix de ne pas se lancer dans la sécurité événementielle, car jugée « trop contraignante sur le volet social et l’organisation opérationnelle ». L’an dernier, il a créé SGA, une filiale spécialisée dans l’accueil (physique, téléphonique, réservations de salles etc.). Cette filiale permet à la société de fournir « une offre complémentaire aux sites clients », explique Patrice Brunel, qui n’exclut pas à l’avenir une acquisition en ce sens, même si la démarche privilégiée par SGI reste la croissance interne.

Membre du Snes, le dirigeant veut rester prudent pour les années à venir, anticipant un tassement des activités du secteur, notamment après la période des attentats. « La situation des entreprises de gardiennage en France laisse aujourd’hui apparaître une faible rentabilité, la majorité des entreprises étant soutenues par le CICE, qui va disparaître en 2019 », affirme-t-il.