La société chinoise de vidéosurveillance spécialisée dans la reconnaissance faciale a décidé de reporter son introduction à la bourse de Hongkong, initialement prévue le 17 décembre, en raison de sanctions américaines.
Les Etats-Unis ont en effet interdit aux investisseurs américains — banques, fonds d’investissement, particuliers — d’acheter des actions de cette société accusée de participer à la répression de la minorité Ouighour. SenseTime, qui a été partenaire de la police du Xinjiang, aurait développé un logiciel capable d’identifier les visages des Ouighours.
La société espérait lever plus de 750 M$ en bourse. Elle conteste les accusations dont elle est l’objet.
En 2019, l’administration Trump avait mis sur une liste noire plusieurs sociétés chinoises de sécurité pour les mêmes raisons, dont Hikvision, Dahua, Megvii Technology, SenseTime, iFlytek ou Yitu Technology (voir ETS n°677 et 684).
Fondée en 2015, SenseTime est considérée comme un des leaders mondiaux de l’intelligence artificielle appliquée à la vidéosurveillance, mais aussi à la détection d’objets, à l’imagerie médicale et à la reconnaissance de textes et de plaques d’immatriculation. En croissance rapide, la société a généré un CA de 541 M$ en 2020 pour des pertes de 1,9 milliard de $ et des dépenses de recherche de 385 M$. Sa valorisation a été de 4,5 milliards de $. Employant 5 000 collaborateurs, elle annonce avoir 2 400 clients, dont 119 villes.