Luc Guilmin, directeur des acquisitions chez Securitas France, pourrait prendre la présidence d’Automatic Alarm si le rachat aboutit.
Securitas France a indiqué le 23 novembre dernier être entré en négociations exclusives avec Automatic Alarm « en vue d’un rapprochement stratégique ».
Cette annonce officielle fait suite à de nombreuses rumeurs qui courraient depuis plusieurs semaines concernant le rachat par Securitas de cet important installateur de systèmes de sécurité électronique. Le projet porte sur l’acquisition de 100% du capital d’Automatic Alarm, dont les dirigeants resteraient en place.
« Les discussions se passent bien mais rien n’est encore signé. Ce projet a beaucoup de sens pour les deux parties. Il illustre la volonté de Securitas France de progresser dans la sécurité électronique », déclare à En Toute Sécurité Luc Guilmin, directeur des acquisitions chez Securitas France et qui devrait être le nouveau président d’Automatic Alarm si un accord est trouvé. L’installateur serait alors intégré dans Securitas Technologies qui est actuellement piloté par Luc Guilmin.
« Il reste encore des points à régler », indique à En Toute Sécurité Gilles Bonnefoy, PDG d’Automatic Alarm qui deviendrait directeur général après le rachat, tandis que Laurent Zaffran, actuel directeur général, passerait directeur commercial. « Il ne s’agit pas d’un projet financier, mais à caractère industriel qui pérennisera l’entreprise : elle bénéficierait de l’appui fonctionnel d’un grand groupe et nous donnerait une nouvelle impulsion à l’international », explique-t-il.
« Un éventuel accord permettrait d’augmenter notre niveau de compétences en sécurité électronique. Jusqu’à présent, nous faisions largement appel à la sous-traitance », affirme Luc Guilmin. L’équipe de Securitas dédiée à la sécurité électronique pilote les projets et aide les agences, mais elle compte seulement quinze personnes, tandis qu’Automatic Alarm emploie plus de 300 salariés. Dans ce domaine, la filiale française est en retard sur le reste du groupe suédois : 10% de l’activité intègre de la technologie contre 18% à l’échelle mondiale, nous déclarait Michel Mathieu, PDG de Securitas France, en avril dernier (voir ETS n°630). Avant l’opportunité offerte par Automatic Alarm, l’objectif consistait à transformer le portefeuille clients actuels de Securitas dans la surveillance humaine vers des solutions intégrant de la technologie, mais pas de conquérir de nouvelles références.
Automatic Alarm, une entreprise devenue nationale
Cela pourrait évidemment changer avec le rachat de l’entreprise marseillaise qui dispose d’un très large portefeuille de clients. Les banques, qui étaient un segment prédominant à l’origine, représentent seulement 12% de l’activité totale aujourd’hui, contre 24% pour les entreprises, 21% pour les enseignes de distribution, 18% pour les sites sensibles, 11% pour les collectivités, 9% pour la logistique, etc.
L’international pèse environ 8% du CA total, grâce à des contrats passés avec des groupes français présents à l’étranger, notamment aux Etats-Unis, pays de l’Est, Macédoine ou Slovénie. Menant par le passé une politique active de croissance externe, notamment pour obtenir une couverture nationale, Automatic Alarm avait mis un frein à cette stratégie : sa dernière acquisition — Cisdec en mars dernier (voir ETS n°628) —, visait surtout à acquérir de nouvelles compétences en matière d’intégration de systèmes.
Le groupe dispose de vingt agences sur l’ensemble du territoire à la suite de la création récente d’implantations à Lille et Brest. La société donne aujourd’hui la priorité à la simplification de ses structures, en fusionnant des entités juridiques existantes.
Réalisant un CA de 37,2 M€ en 2016, Automatic Alarm vise environ 40 M€ cette année et une croissance de 10% en 2018, pour un niveau de rentabilité similaire, indique Gilles Bonnefoy.