Le groupe de sécurité électronique, dirigé par Franck Namy, a acquis à la mi-mai le portefeuille clients Activeille sur-mesure de Cofintex 6, filiale de Groupama spécialisée dans la surveillance des biens. Il s’agit plus précisément d’un rachat de 14 000 contrats, équivalent à environ 12 000 clients. L’entreprise a pour ambition de renforcer sa position sur le segment des PME/PMI dans le secteur du management des risques.
« Les entreprises qui ont rejoint le groupe au cours de ces dernières années, qu’elles soient en Europe ou aux Etats-Unis, nous permettent de renforcer notre présence locale pour être toujours au plus proche de nos clients. Une relation de proximité qui est d’autant plus importante alors que nous cherchons à renforcer notre position sur le marché des PME et PMI qui est en fort développement, au travers de notre unité commerciale MyScutum Enterprise lancée en 2017. Le rachat du portefeuille de Cofintex 6 s’inscrit donc dans cette stratégie », explique Thierry Babule, directeur général de Scutum France, lors d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.
Scutum bâtit donc une stratégie globale fondée sur la prédiction des risques. La société souhaite intervenir dans tous les domaines où elle est présente : sécurité électronique et incendie. Le groupe souhaite combiner croissance externe et organique et nourrit ses projets sur des indicateurs de service.
« Nous souhaitons développer la “smart security platform”, permettant le pilotage du développement des services pour nos clients en ce qui concerne les contrats de maintenance et de télésurveillance. Notre ambition est de continuer à renforcer la plateforme en augmentant le nombre de connexions, soit en croissance organique ou croissance externe », détaille Thierry Babule.
Le groupe a généré un CA total de 205 M€ en 2020 pour 207 000 raccordements en téléassistance, télésurveillance résidentielle et professionnelle. Sur le CA 2020, 82 M€ ont été générés en France. Scutum espère atteindre « environ 210 M€ » pour 2021 et reste « confiant » pour 2022.
Quant aux conséquences provoquées par la pandémie de covid-19, elles n’ont été que très marginales, affirme le groupe. « Nos activités ont été freinées de mars à juin 2020 mais elles ont vite repris. Par ailleurs, nos activités de télésurveillance et de rondes gardiennage ont été importantes toute l’année. Nous avons par ailleurs poursuivi, malgré la crise sanitaire, nos objectifs de croissance avec l’acquisition de la société High Rise aux Etats Unis et de Kheops Sécurité en France », poursuit Thierry Babule.
Investissements dans l’intelligence artificielle
Scutum investit également beaucoup dans l’innovation, notamment l’intelligence artificielle. A ce sujet, la société a acquis en 2020 Kiwatch, une start-up française spécialisée dans l’intelligence artificielle et la vidéosurveillance, pour la « création d’une offre de service innovante ». C’est d’ailleurs cette jeune pousse qui est chargée de toute la partie recherche et développement du groupe.
Depuis quatre ans, Scutum est très actif en matière d’acquisitions à l’étranger (voir ETS n°692 et 694). Les questions se posent alors sur la puissance financière du groupe, les moyens qui lui permettent de concrétiser ses ambitions et son indépendance. « A sa création, Scutum était un intégrateur régional français qui est devenu un acteur important de la sûreté-sécurité digitale à l’échelle internationale, dont la famille Namy est actionnaire », assure Thierry Babule.
Fondé en 1989, Scutum compte 1 949 salariés dont 967 sur le territoire national. Le groupe s’est implanté en Allemagne, au Benelux, au Royaume-Uni et plus récemment aux Etats-Unis (New York et en Floride). En France, elle compte 38 agences réparties de façon homogène dans toutes les régions. Aucun projet n’est actuellement en cours concernant l’ouverture de nouveaux bureaux. L’entreprise s’appuie également sur ses filiales françaises : Scutum Security First, spécialisé dans la sécurité à l’international (voir ETS n°687), Kheops by Scutum (focalisé sur le segment des PME/PMI), Satif (cyberdéfense) et Scutum Cyberdéfense.
La clientèle est très majoritairement issue du privé pour un ratio de 85% contre 15% de clients provenant du public. Pour ces derniers, il s’agit essentiellement d’administrations et de collectivités, notamment d’un « partenariat historique » avec la mairie de Paris. Pour la clientèle issue du privé, le segment le plus fort de Scutum reste l’univers bancaire. « Ce secteur est notre faire-valoir. Nous prenons aussi une place de plus en plus importante dans les industries, la vente au détail et travaillons avec douze entreprises du CAC 40 », détaille Thierry Babule.
Scutum projette de renforcer sa position dans la télésurveillance résidentielle et la téléassistance. Concernant la télésurveillance, il s’agit pour le groupe d’une activité indirecte. Il travaille en effet avec plus de 250 installateurs dans toute la France qui vont se servir des centres Scutum pour raccorder leurs propres clients. « Dans un marché professionnel qui est à maturité dans tous les secteurs, nous avons un taux d’équipement qui frôle les 100% pour la partie professionnelle. Il nous faut donc être proactifs sur la partie résidentielle, qui est un marché de masse et dont le taux d’équipement reste faible », analyse Thierry Babule.