Scorpe Technologies diversifie ses activités

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dans le cadre d’un convoi organisé par les ministères de l’Europe, des Affaires étrangères et de l’Intérieur (voir ETS n°741). L’entreprise ardennaise a fourni du matériel de sauvetage post catastrophe naturelle (appareils pour rechercher les victimes sous les décombres et matériel d’étaiement pour les structures démolies) et du matériel de secours routier (outils de découpe, d’écartement, de levage, etc.).

Scorpe, qui fabrique 70% du matériel de secours qu’il commercialise, travaille essentiellement avec le secteur de la sécurité civile. « En France, nous vendons 80% de nos produits au secteur public et 20% dans le secteur privé », détaille Sylvain Duménil, le PDG de la PME, dans un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.

La moitié des produits de l’entreprise sont vendus à l’export, via des réseaux de distributeurs. « Notre matériel est commercialisé dans une quarantaine de pays, et nous avons notamment une grosse activité en Asie du sud-est et en Chine », précise-t-il. Dans cette zone géographique, la PME a subi de plein fouet les effets de la crise sanitaire. « Nos commandes ont été réduites de 90% en Asie », confie le PDG.

Pour maintenir le cap, Scorpe a amorcé, en 2020, une diversification de ses activités. Historiquement implantée à Witry-lès-Reims dans la Marne, l’entreprise a déménagé fin 2019 à Saint-Germainmont, dans les Ardennes. Elle a pris ses quartiers sur le site d’une ancienne sucrerie d’une superficie de 7 hectares. La société y a installé son siège social ainsi que son usine de production. Le montant investi dans ce projet s’élève à près de 4 M€. « Ce gain de superficie nous a permis de mettre en place de nouvelles activités durant la période du Covid, où nos activités fonctionnaient au ralenti », explique Sylvain Duménil.

L’entreprise s’est notamment lancée dans la création d’un centre d’entraînement et de formation de 14 000 m² pour les pompiers, forces spéciales, militaires et les équipes du Raid. Homologué pour recevoir 500 personnes, il devrait ouvrir ses portes en septembre prochain. Scorpe devrait également lancer, toujours en septembre prochain, une société dédiée au secteur privé. Nommée Tekare, cette entreprise proposera diverses prestations pour la protection de sites industriels, de l’étude des risques en passant par l’installation de matériel, la maintenance ou encore la formation. D’ici trois ans, cette entreprise devrait générer un CA de 3 M€, pour un effectif de 15 personnes.

« Je pense que le marché du secteur privé va se développer d’ici les prochaines années car les règles en matière de sécurité sont de plus en plus exigeantes », indique Sylvain Duménil. En parallèle, le dirigeant a aussi installé sur son site ardennais une agence de communication, nommée Colibry’s. « Durant la crise sanitaire, j’ai décidé de baisser de moitié le budget alloué aux forces commerciales pour développer davantage la communication », relate-t-il. Colibry’s dispose d’un studio vidéo qui permet aux équipes de Scorpe de réaliser, à distance, des démonstrations de produits à ses clients du monde entier. « Cela permet d’animer nos réseaux à l’export, et de gagner en temps et efficacité », souligne-t-il.

Le dirigeant a également choisi d’internaliser des activités qu’il sous-traitait auparavant. Il a notamment mis en place un bureau d’étude et une société de négoce de voitures (pour proposer des solutions de mobilité à ses collaborateurs). Scorpe loue également, sur son site de Saint-Germainmont, des locaux à d’autres entreprises locales.

En 2021, la société a enregistré un CA globalement stable de 8 M€. « Cette année, nos ventes devraient s’élever à 10 M€ », estime Sylvain Duménil. Scorpe emploie actuellement plus de 40 personnes, « alors que nous étions quinze lorsque nous sommes arrivés sur le nouveau site en octobre 2019 », précise le PDG.