La société de surveillance humaine veut élargir son offre de service pour répondre à la demande de ses clients, annonce à En Toute Sécurité Patrick Monchâtre, son président, pour sa toute première interview donnée à la presse depuis la création de S3M en 2006.
« En 2022, nous allons proposer des solutions de sécurité électronique et de supervision pour nos clients grands comptes, en partenariat avec un développeur français avec qui nous sommes en cours de discussion. L’accord pourrait être finalisé au premier semestre », explique le dirigeant. Cette diversification se fera dans l’alarme anti-intrusion, le contrôle d’accès, la sécurité incendie et la lutte contre la démarque inconnue.
« D’ores et déjà, nous répondons à certains de nos clients avec une solution complète intégrant de l’électronique, comme certains sites des armées, des tribunaux ou des conseil départementaux », explique Patrick Monchâtre. Le groupe a d’ores et déjà investi 0,15 M€ en matériels pour monter cette offre en hypervision.
S3M propose également de la télésurveillance en partenariat avec Eryma qui héberge quelques centaines d’abonnés, tous déjà clients de l’entreprise pour d’autres prestations.
N’ayant jamais effectué d’acquisition de toute son histoire, le groupe est désormais « à la recherche d’éventuels partenaires ou d’acquisitions de structures régionales correspondant à notre développement, aussi bien dans le gardiennage que dans la sécurité électronique », dévoile Patrick Monchâtre. Il précise que les premières prospections ont débuté mais qu’aucun dossier n’est avancé. Il insiste également sur le fait que l’entreprise n’est pas à vendre et qu’elle veut garder sa « totale indépendance ». Un éventuel processus de transmission s’effectuerait dans un cadre familial.
Implanté à Courcouronnes (91), de même que dans la partie Ouest du pays (avec des agences à Caen, Brest, Rennes et Le Mans), le groupe voudrait étendre sa présence géographique. « Nous souhaitons encore nous développer dans le Grand Ouest, c’est-à-dire vers La Rochelle et éventuellement par la suite à Bordeaux, de même que dans le Nord », affirme Patrick Monchâtre.
S3M a peu à peu élargit ses prestations en dehors de son cœur de métier qu’est le gardiennage classique. Il s’est lancé dans la formation en sécurité dès 2008 (CA de 0,56 M€ en 2020, avec la volonté d’ouvrir le centre à des sociétés extérieures) puis dans l’événementiel quatre ans plus tard avec des prestations pour les 24 Heures du Mans et le Festival des Vieilles Charrues (voir notre enquête dans ETS n°722). Cette activité a représenté un CA de 2,5 M€ en 2021, soit deux fois moins que le montant habituel ces dernières années.
La diversification s’est poursuivie avec la sûreté aéroportuaire (CA de 1,57 M€ en 2020) puis la sécurité mobile (CA de 0,9 M€), tout comme dans l’accueil avec Welcome (CA de 1,5 M€) et la propreté avec PMS.
Nouveaux contrats
L’année 2021 est considérée comme satisfaisante avec un CA qui s’est élevé à 63,5 M€ contre 56,88 M€ l’année précédente, grâce à la signature de plusieurs contrats d’un montant significatif.
Le groupe est ainsi devenu le principal prestataire de l’APHP avec une enveloppe de 14 M€ en année pleine pour la surveillance de vingt établissements sur 39, dont certains ont été remportés ces dernières semaines.
« Nous sommes entré chez Kingfisher dans la région Ouest pour un marché de 4 M€ avec les enseignes Brico Dépôt et Castorama », annonce Pascal Monchâtre, directeur commercial. Le groupe vient également de signer fin décembre le contrat national de trois ans pour des prestations de sûreté des magasins Electro Depot. D’un montant annuel de près de 4 M€, il débutera en février prochain. Par ailleurs, le contrat avec la Caisse des Dépôts a été reconduit pour quatre ans pour quatre sites, dont le siège. La CCI de Paris et divers bâtiments de la ville de Brest ont également été gagnés.
Le secteur public représente 64% des ventes totales et le privé 36%, avec une présence forte dans le tertiaire (20,3% des ventes), la santé (19,2%), les administrations (17,4%) et l’enseignement (13,9%). « Nous nous sommes donnés pour objectif de développer le secteur privé d’ici 2023 », affirme Patrick Monchâtre.
S3M travaille avec 206 clients sur 242 sites. Les prestations de sécurité incendie ont compté pour 46% du CA l’année dernière et mobilisent plus de 560 collaborateurs sur un effectif total de 2 255. Dans son portefeuille clients, on trouve d’autres hôpitaux que l’APHP, des ministères (Intérieur, Défense et Justice), l’Assurance Maladie, la DGA, BNP Paribas, Vinci, des enseignes de distribution (Leclerc, U, Lidl, Brico Dépôt, Castorama), etc.
S3M se donne comme objectif « prudent » de dépasser un taux de croissance de 10% en 2022, ce qui correspondrait à un CA d’environ 72 M€.
Une société très familiale
Patrick Monchâtre, qui a passé 18 ans à la sécurité de Carrefour notamment comme coordinateur sécurité pour les hypermarchés, a fondé S3M en 2006 avec une empreinte familiale forte. A commencer par son nom dont le « 3M » fait allusion aux trois Monchâtre à l’origine de l’entreprise, c’est-à-dire le fondateur et ses deux fils, Pascal et Michael, qui tiennent des postes clés.
Pascal est directeur commercial, Michael est directeur achat, logistique et du numérique après avoir été directeur exploitation. Par ailleurs Anne-Catherine, épouse de Patrick Monchâtre et ancienne militaire, est directrice des ressources humaines. Deux belles-filles sont également présentes : Aurélie est responsable commerciale et qualité après avoir été responsable du bureau d’études, tandis que Justine est adjointe aux ressources humaines.
Patrick Monchâtre se définit comme un meneur d’hommes, diffusant des valeurs paternalistes et attaché à la sérénité des relations sociales.
Pour la première fois, un recrutement extérieur vient d’être effectué pour un poste stratégique : il s’agit de François Camus, directeur d’exploitation de Triomphe Sécurité pendant onze ans, qui a pris un titre équivalent chez S3M au début du mois de décembre. Il avait été auparavant directeur de magasin chez Go Sport et chez Castorama durant quatorze ans.
L’actionnariat — avec un capital qui est passé de 0,24 M€ à 2 M€ en 2018 — est à 100% familial. Pascal détient 30% des parts, Patrick 20%, Anne-Catherine 20%, Michael 15% et Sabine Mendes — une collaboratrice qui a quitté le groupe — 15%.