Nathalie Felines : “L’assainissement de l’entreprise est terminé et nous bénéficions d’une bonne situation financière”.
La société d’ingénierie et de conseil en sûreté, qui s’est restructurée et redressée après quelques années difficiles, est en train de reconfigurer son capital dans un premier temps puis va procéder à sa vente dans une seconde étape, annonce Nathalie Felines, sa présidente, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.
« Les discussions sont en cours entre les partenaires financiers historiques que sont Latour Capital, LGT European Capital, qui possède la totalité de la dette dans le cadre de l’opération de LBO, et Bruno Delamotte, le fondateur de l’entreprise. Il est probable que LGT European Capital deviendra l’actionnaire majoritaire », explique la dirigeante.
Mais l’échéance la plus importante reste la cession de Risk & Co : une banque a été mandatée sur ce dossier en janvier dernier. « Nous privilégions la vente de la totalité de l’entreprise, mais toutes les options sont sur la table. Une décision pourrait être prise vers cet été », précise la présidente.
Dans cette perspective, le groupe a poursuivi sa réorganisation entamée depuis la fin 2017, se traduisant notamment par un recentrage sur son cœur de métier après des diversifications effectuées dans le passé par croissance externe qui n’ont pas donné les résultats escomptés (voir ETS n°646). Après LJM, qui vend des matériels de renseignements et a été cédé en octobre 2017 à son ancienne équipe, c’est au tour de Risk & Co Technologies à Dubaï, spécialisé dans la vente d’outils de simulation, d’être fermé. Par ailleurs, Cofrexport, qui vend des matériels d’interception et de brouillage, dont le CA a atteint jusqu’à 3 M€, est sur le point d’être fermé, tandis que la joint-venture Armada à Bahrein va être mise en liquidation.
Les structures ont été simplifiées, passant de 17 sociétés à deux entités principales : Risk & Co, qui fédère la cybersécurité et l’ingénierie de sécurité, et Geomines, spécialiste du déminage et de la dépollution pyrotechnique. Suite aux diverses cessions et arrêts d’activité, les effectifs sont passés d’un pic de 320 personnes à 200, mais vint collaborateurs nouveaux ont été recrutés.
Management renforcé
« Aujourd’hui, l’assainissement de l’entreprise est terminé et nous bénéficions d’une bonne situation financière », affirme Nathalie Felines. Le CA 2018 est descendu à 21 M€ (contre 25,4 M€ l’année précédente et 30 M€ en 2016), tandis que les pertes ont fait place à une marge opérationnelle de 5,2 M€.
Le groupe a renforcé son management avec l’arrivée de Guillaume Farde, maître de conférences à Sciences Po et consultant, qui prend le poste de directeur de la stratégie, et de Béatrice Bacconnet, nommé directrice générale adjointe, qui est passée par Thales, Bull, Cnim et avait fait un passage chez Risk & Co voici quelques années.
Le groupe a repris son expansion géographique : après l’ouverture de filiales en Afrique du Sud, au Nigéria et aux Emirats Arabes Unis, il va ouvrir un bureau à Mumbai (Inde) d’ici la fin du semestre. Il n’envisage pas encore de croissance externe.
Risk & Co a lancé sa plateforme d’alerte et de prévention Risk Watcher, qui fonctionne à la demande ou par abonnement, et a mis en place des formations opérationnelles pour les directeurs et responsables sécurité. Un partenariat a été signé avec Delair pour vendre son drone tactique et un accord devrait être prochainement passé dans le domaine du tracking des voyageurs.
Le portefeuille de clients a connu d’importants changements : si le secteur Energie a un temps représenté la majorité de l’activité conseil et cyber (et au premier chef Total), la diversification s’est faite auprès d’autres secteurs comme le luxe ou la défense. De nouveaux contrats ont en effet été signés comme l’ingénierie des sites d’Eurotunnel, Engie en Afrique, la BEI, l’audit de sites emblématiques de la ville de Paris (voir ETS n°666), sans compter des références de plus de dix ans comme Institut Pasteur, L’Oréal, Moët Hennessy, musée du Louvre, Safran et bien-sûr Total.
Pour 2019, le groupe table sur un retour de la croissance avec un CA de 25 M€.