Risk&Co passe dans le giron d’Anticip

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Richard Terzan, président d’Anticip, et Nathalie Felines, PDG de Risk&Co.

Anticip franchit une étape décisive de sa courte histoire en effectuant sa première acquisition : celle de Risk&Co, dont la taille est deux fois plus importante que la sienne.

« Les deux sociétés sont totalement complémentaires au niveau de leurs activités puisqu’Anticip est spécialisé dans l’accompagnement opérationnel dans les zones à hauts risque alors que Risk&Co opère dans le conseil et l’ingénierie de sûreté, de même que la cybersécurité », déclare Richard Terzan, président d’Anticip, au cours d’une interview exclusive accordée à En Toute Sécurité.

« Nous sommes également très complémentaires sur le plan géographique : Risk&Co est implanté en Afrique du Sud, Nigeria et Dubaï, alors qu’Anticip opère beaucoup au Moyen-Orient et notamment en Irak », souligne Nathalie Felines, PDG de Risk&Co jusqu’à cette opération et devient conseillère du président d’Anticip.

Les activités reprises pèsent 11 M€, dont 3 M€ dans la cybersécurité, tandis que la filiale Geomines, spécialisée dans le déminage et dont le CA est d’environ 8 M€, n’est pas concernée par cette opération. Elle reste détenue par LGT Private Debt, actionnaire de contrôle de Risk&Co. Le fonds d’investissement entre d’ailleurs dans le tour de table d’Anticip, aux côtés de Richard Terzan et de Cyrille Peguilhan de Sartoux, directeur général, qui conservent la majorité des titres, et de Batipart International, opérateur d’hôtels en Afrique.

Bruno Delamotte, fondateur de Risk&Co en 1994, a cédé les 20% qu’il détenait encore en avril dernier et n’a plus aucun lien avec l’entreprise.

 

D’autres acquisitions en vue

Les discussions entre les deux entreprises ont véritablement démarré en mars dernier et ont été rapide sur le volet organisation et activités. Les équipes travaillent déjà ensemble. L’opération reste soumise aux conditions suspensives d’usage et devrait être finalisée d’ici le début de 2020.

Tirant plus de la moitié de ses revenus de l’international, le nouvel ensemble réalisera un CA de 17 M€, dont 6 M€ provenant d’Anticip, et emploiera 150 personnes, dont quarante venant d’Anticip. Les deux marques sont conservées.

« L’acquisition de Risk&Co n’est pas une diversification pour Anticip, ni une dispersion, mais correspond à notre trajectoire vers davantage d’ingénierie », souligne Richard Terzan. L’en­tre­prise sera désormais organisée en quatre «business units » : Opérations, Protection du voyageur d’affaires, Ingénierie de sûreté et Cybersécurité.

« C’est notre première acquisition, mais certainement pas la dernière. Bénéficiant d’un véritable support financier, nous cherchons à renforcer nos quatre activités, pas forcément en rachetant un acteur français », annonce Richard Terzan. « Nos objectifs sont ambitieux, car nous voulons apparaitre comme une alternative européenne crédible et pérenne aux groupe anglo-saxons, alors que notre profession est en pleine recomposition en France », ajoute-t-il.

En juin dernier, Anticip a noué un partenariat stratégique avec CEIS qui travaille dans le conseil en sécurité, l’analyse stratégique et la cybersécurité pour un CA de 13 M€ (voir ETS n°678). « Il s’agit d’une belle entente qui est très prometteuse, car nous avons une culture et des sujets communs, de même que des activités complémentaires », explique Richard Terzan. « Nous ne nous interdisons rien à l’avenir mais des discussions sur d’éventuels liens capitalistiques sont prématurées », ajoute-t-il.

 

Des clients prestigieux

Le portefeuille de clients de Risk&Co et Anticip compte Thales, Total, Sanofi, Cap Gemini, MBDA, LVMH, Auchan, Sodexo, le ministère des Affaires étrangères, des chancelleries européennes et diverses institutions européennes. « Risk&Co est aujourd’hui redressé et recentré : la société n’est plus en pertes en 2019 et n’a plus de dettes », souligne Nathalie Felines. La réorganisation entamée en 2017 a concerné la cession de LJM, qui vendait des matériels de renseignement (voir ETS n°646), la fermeture des activités de vente d’outils de simulation et de Cofrexport qui commercialisait des matériels d’interception et de brouillage (voir ETS n°670). Anticip a été fondée en 2008 lorsqu’elle s’est émancipée du groupe de négoce de matériel de défense Sofema. Dans la foulée, elle a été reprise par Eryma, installateur de sécurité électronique (voir ETS n°427). L’actionnariat d’Anticip a changé avant la faillite d’Eryma (voir ETS n°488) et ses deux dirigeants ont repris le contrôle de leur société (voir ETS n°504).