Risk & Co a pratiquement finalisé son recentrage

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Nathalie Felines : “La réorganisation s’est traduite par des cessions ou arrêts d’activité tandis que de nouvelles priorités stratégiques et commerciales ont été définies”.

La société de conseil en sécurité a pratiquement finalisé son recentrage sur son cœur de métier après des diversifications effectuées dans le passé qui n’ont pas donné les résultats escomptés, annonce Nathalie Felines, nouvelle présidente depuis juillet dernier, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.

« La réorganisation s’est traduite par des cessions ou arrêts d’activité, principalement dans la vente d’équipements de sécurité, tandis que de nouvelles priorités stratégiques et commerciales ont été définies, ce qui permet un retour à l’équilibre financier pour l’exercice 2017 », explique-t-elle.

Risk & Co avait été affecté depuis 2013 par la baisse de son activité avec ses clients dans l’énergie qui a représenté jusqu’à 70% de son CA pour descendre à 30% aujourd’hui. Bruno Delamotte, son fondateur, s’était alors lancé dans une diversification qui était passé par plusieurs acquisitions. Outre Epsilon Consultants en janvier 2014 et Geomines, spécialiste du déminage en septembre suivant (voir ETS n°559), le groupe avait récidivé l’année suivante avec LJM, qui vend des matériels de renseignements et Cofrexport qui commercialise des matériels d’interception et des brouilleurs (voir ETS n°580). Ce sont ces deux dernières entités dont les résultats se sont avérés « décevants ».

C’est ainsi que LJM (CA de 1,5 M€) a été revendu en octobre dernier à son ancienne équipe à la tête de laquelle se trouvait Alexandre Mourier. Cofrexport (dont le CA a grimpé jusqu’à 3 M€) a été mis en sommeil, tandis que la fermeture de Risk & Co Technologies (simulation et modélisation), implanté aux Emirats Arabes Unis, a été engagée en 2017. Les effectifs ont été ramenés à 200 personnes contre un pic à plus de 250.

Le groupe s’est ainsi recentré sur le conseil et l’ingénierie de sécurité, de même que sur les marchés à fort potentiel de croissance : le déminage et la cybersécurité. Geomines est ainsi passé d’un CA de 6,4 M€ en 2013 à 10 M€ en 2017, alors que l’activité récente de cybersécurité a atteint 2,7 M€ en 2017 avec une prévision de 3 M€ cette année.

 

Nouveaux partenariats

Par ailleurs, un accord a été passé avec le concepteur de drones Delair pour industrialiser un appareil dédié aux services de renseignements militaires, aux forces de l’ordre et aux douanes. RMCI a enfin été créée en octobre à Monaco avec des partenaires de la principauté dans le but de proposer des prestations de cybersécurité et d’ingénierie de sécurité pour des entreprises d’importance vitale et des institutions financières installées sur le Rocher.  « D’autres partenariats structurants seront annoncés en 2018, tant en France qu’à l’international afin de démultiplier notre capacité à remporter des grandes affaires », affirme Nathalie Felines. Celle-ci annonce avoir remporté un contrat d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour la Banque Européenne d’Investissement, pour des missions d’ingénierie de sûreté de tous les bâtiments, soit un montant de 3,7 M€ sur cinq ans.

Une direction du développement et du marketing, rattachée directement à la présidence, a été créée. « L’effort portera sur les grands comptes français ainsi que sur les institutions européennes et les organisations internationales », ajoute-t-elle.

Nathalie Felines prévoit une reprise de la croissance en 2018 avec un CA d’environ 30 M€ et une augmentation de l’ordre de 7% par an en 2019 et 2020. Le CA a été de 25,4 M€ en 2017 et de 30 M€ en 2016, assorti d’une perte de 1,3 M€, essentiellement du fait de Cofrexport et de l’activité aux Emirats. Le CA avait même cumulé à 35 M€ en 2014.

Nathalie Felines, arrivée dans le groupe en 2015 comme directrice générale de Geomines, souligne que cette stratégie a été validée par Latour Capital, actionnaire à 60% depuis 2013 (voir ETS n°505). Bruno Delamotte, qui est désormais président du comité de surveillance, n’a plus de fonctions opérationnelles et contrôle 40% des titres.