QuiOuvre veut redorer le blason des serruriers

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Yves Gilet : “Nous avons lancé le label Dépan’ethic qui vise à rompre avec l’opacité du marché”.

Cette start-up héraultaise a lancé il y a près de deux ans QuiOuvre.com, une plateforme de mise en relation entre particuliers et serruriers dans le cadre du dépannage d’urgence. Le site dispose aujourd’hui d’un réseau de 500 serruriers authentifiés, installés sur les trois quarts de l’Hexagone et a réalisé près de 1 000 interventions depuis le lancement du site, en mars 2016, annonce au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité son fondateur et dirigeant, Yves Gilet.

« Nous comptons étendre notre capacité d’intervention à la totalité du territoire d’ici avril », affirme-t-il. Lui-même ancien artisan serrurier, cet entrepreneur d’une soixantaine d’années a décidé de lancer sa propre start-up avec son jeune associé, Jérémy Simonin, en 2015, afin dit-il de bonifier l’image, particulièrement dégradée, du métier. Et pour cause : « il s’agit d’un marché captif, caractérisé par l’opacité, et où il n’y a aucune visibilité sur le travail effectué », déplore-t-il.

Soutenu par la Confédération des artisans de l’Hérault (CAPEB), les serruriers du réseau QuiOuvre doivent ainsi répondre à certains prérequis, sous peine de s’en voir refuser l’accès : non-sinistralité en amont, obligations fiscales et sociales à jour, charte de qualité, audits systématiques, etc. Et le dirigeant d’insister sur l’importance de la traçabilité, via des outils de devis en ligne ou encore de notation-client permettant d’évaluer la prestation a posteriori.

 

Levée de fonds

La start-up a aussi lancé son propre label baptisé Dépan’ethic. « Nous avons été rejoints l’an dernier par Bureau Veritas avec qui nous posons la première certification de service dans le dépannage d’urgence  », indique Yves Gilet. Aujourd’hui utilisée uniquement en serrurerie, cette certification a vocation à s’étendre progressivement à d’autres secteurs exposés aux mêmes difficultés : intervention sur alarme, contrôle d’accès ou encore plomberie, électricité ou miroiterie.

Lancée au capital de 8 000€ et incubée chez Innovosud, la jeune pousse anticipe une forte croissance et espère atteindre un CA de 5 M€ d’ici cinq ans. « Nous sommes actuellement en pleine levée de fonds », indique Yves Gilet, qui assure avoir déjà reçu plusieurs marques d’intérêt, notamment de la part d’un « gros assureur français, séduit par notre concept de digitalisation de la certification ». La SAS, qui travaille déjà en partenariat avec la MAAF, a en effet mis au point un système de certification en ligne pouvant s’effectuer en temps réel.

Elle mise aussi, comme d’autres avant elle et à l’instar d’Uber, sur la géolocalisation embarquée. « Nous pratiquons une politique de commission nettement plus raisonnable », estime-t-il. Au départ fixée à 12€, la commission a néanmoins été revue à la hausse pour assurer la rentabilité du service, passant à 17,50€.