Sur le papier, le n°1 du transport de fonds en France est né tout début 2001 (voir ETS n°273) : baptisé Valiance, il regroupait Ardial et Serse, respectivement rachetés en 1998 (voir ETS n°223) et 1999 (voir ETS n°247) par la banque suisse UBS.
Sur le papier seulement, car cette place tout en haut du podium avec un CA de 1,8 milliard de francs en 2000, devant Brink’s (1,6 milliard de francs), ne s’est jamais vraiment concrétisée.
Bien que les synergies entre les deux entités d’origine semblaient évidentes, le nouveau groupe cumulait de lourds handicaps : si Serse, filiale de plusieurs banques dont le Crédit Agricole et la Caisse d’Epargne, était rentable, il n’en n’allait pas du tout de même pour Ardial, résultat de la fusion en 1992 de Securipost, filiale de La Poste, et de Secso, filiale du Crédit Agricole.
Entravé par des structures particulièrement rigides, Ardial entraine dans sa chute l’ensemble de Valiance. En 2003, les pertes du groupe atteignent la somme colossale de 119 M€ pour un CA de 268 M€. Le redressement judiciaire est inéluctable : il intervient en juillet 2004 (voir ETS n°351). Ses actifs dans le transport de fonds sont repris à l’automne suivant par Securitas qui était déjà présent dans ce domaine en France (voir ETS n°355). A l’échelle internationale, cette activité est rebaptisée du nom de Loomis.
Se hissant parmi les leaders mondiaux du secteur, notamment derrière l’américain Brink’s et le britannique G4S, le suédois Loomis prend son indépendance vis-à-vis de Securitas en 2008 (voir ETS n°445). Restant spécialisé dans le transport de fonds et la logistique bancaire, il étend progressivement sa présence géographique au fil de plusieurs acquisitions ciblées, avec des filiales dans plus de vingt pays. Il pèse aujourd’hui 1,8 milliard d’€ et se positionne pratiquement à l’égal de Brink’s dans l’Hexagone.
Suite de la rétrospective de la sécurité dans le n°716 du 15