C’est l’attaque au lance-roquettes d’un fourgon blindé de la société Transval à Grenoble, le 27 avril 2000, se soldant par la mort d’un convoyeur, qui déclenche la plus grande grève dans la profession du transport de fonds en France (voir ETS n°258).
Une autre attaque intervenue le 5 mai sur un fourgon d’Ardial renforce la mobilisation dans plusieurs entreprises, tandis que la grève générale se déclenche à partir du 9. Un nouveau décret, instaurant des règles de sécurité plus strictes, paru quelques jours avant ne parvient pas à endiguer un mouvement massif, se traduisant par de nombreuses manifestations et des cortèges de fourgons roulant au ralenti.
Devant une situation qui se prolonge et prend même de l’ampleur, un médiateur est nommé en la personne de Christian Proville. Il était temps : le conflit fait la « une » des quotidiens et plusieurs hommes politiques prennent fait et cause pour les grévistes.
Le mouvement s’arrête le 24 mai après la signature d’un protocole d’accord qui comprend le versement d’une prime mensuelle de risque de 1 000 francs nets pour les convoyeurs et les dabistes, des augmentations de salaires, une interdiction du transport de fonds la nuit, le renforcement de la protection du personnel, la réduction de cinq ans du nombre d’années de travail pour partir pouvoir partir à la retraite à 55 ans (voir ETS n°259).
Un coût additionnel chiffré à 880 M de francs sur cinq ans que le syndicat des transporteurs de fonds, le Syloval, a estimé ne pas pouvoir assumer seul. Devant le refus des donneurs d’ordre (banques et grande distribution, essentiellement) de contribuer à ce financement, les entreprises de transport de fonds ont imposé unilatéralement une contribution de 35 francs s’ajoutant au prix de la desserte (220 francs en moyenne à l’époque).
Le 31 mai, le projet de loi sur la sécurité des convoyeurs de fonds, reprenant ces nouvelles mesures, est voté à l’Assemblée Nationale (voir ETS n°260). Il introduit également l’obligation pour les donneurs d’ordre d’installer d’ici 2002 des aménagements spéciaux pour éviter au maximum une desserte à pieds (voir ETS n°271).
Ces changements de réglementation ont pratiquement stoppé les attaques meurtrières de fourgons blindés en France. Néanmoins, l’assassinat d’un dabiste de la Brink’s en janvier 2001 suscite un nouveau mouvement de protestation qui débouche sur la possibilité pour les transporteurs d’utiliser la maculation des billets en cas d’attaque (voir ETS n°272 et 273).
L’année suivante, la profession assume avec efficacité le passage à l’euro (voir ETS n°292 et 294).
Suite de la rétrospective de la sécurité dans le n°699 du 1er juin 2020