Quand Siemens Building Technologies a pris son envol

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C’est seulement le 1er octobre 1998, pratiquement deux ans après la conclusion d’un accord avec le groupe suisse Elektrowatt, que Siemens a pu finaliser le rachat de deux de ses filiales : Cerberus, l’un des leaders européens de la sécurité incendie et Landis & Gyr, un poids lourd de la gestion technique des bâtiments (voir ETS n°222).

Le processus a été particulièrement long après la signature intervenue en décembre 1996 (voir ETS n°183), puisque les autorités de la concurrence Bruxelles ont mis un an pour donner leur feu vert (voir ETS n°204) et qu’il a fallu encore près d’un an pour arriver à la finalisation juridique de l’opération.

Il faut dire que le groupe allemand réalisait à l’époque l’une de ses plus grosses acquisitions jamais effectuée en Europe et qu’il mettait la main sur l’un des rares groupes de sécurité électronique d’envergure internationale. Cerberus pesait en effet près d’un milliard de francs suisses avec des effectifs de 5 600 salariés répartis en Europe, en Amérique du nord et en Asie.

A l’occasion de ce rachat, Cerberus est intégré dans la division Siemens Building Technologies et son nom disparait sauf en France en raison de la longue histoire de la marque dans l’Hexagone. La saga remonte à 1933 avec la création par Henri Guinard de Pompes Guinard, qui a conçu les premières pompes anti-incendie. En 1962, la société familiale signe un accord avec le groupe suisse Cerberus qui en prend progressivement le contrôle. L’entité est rebaptisée Cerberus Guinard et prend définitivement le nom de Siemens Building Technologies en 2002 (voir ETS n°312).

Le parcours du groupe allemand dans la sécurité ne se fera pas sans accroc : s’il peut se targuer d’une incontestable réussite dans la sécurité incendie, il n’en va pas de même dans la sécurité électronique (alarme, contrôle d’accès, vidéosurveillance) où il ne parvient pas à s’imposer parmi les ténors du marché, malgré quelques petites acquisitions ciblées (voir ETS n°245 et 378).

Deux signes parmi d’autres : l’activité d’installation de sécurité électronique en France est revendue au fonds d’investissement LBO France en 2007 (voir ETS n°410), donnant naissance à Eryma. En 2015, c’est l’activité fabrication de matériels de sécurité électronique à l’échelle mondiale qui est cédée à l’américain Vanderbilt (voir ETS n°590). 

Suite de la rétrospective historique de la ­sécurité dans le n°663 daté du 1er novembre 2018