Detection Systems était n°3 américain de l’alarme, avant d’être lui même racheté par Bosch en 2000
Seriee, un des très rares fabricants français de centrales d’alarme, est racheté en août 1997 par Detection Systems, à l’époque le n°3 américain de la détection d’intrusion, derrière Ademco et Sonitrol (voir ETS n°197).
A la fin des années 90, la vague d’acquisitions effectuées en Europe — et tout particulièrement France — par des ténors de la sécurité aux Etats-Unis battait alors son plein. Mais Seriee tient une place un peu à part par son parcours chaotique.
Filiale du groupe papetier américain Parsons & Wittemore, le fabricant a été racheté en 1994 par Cedi Sécurité, n°1 français de l’alarme (voir ETS n°124). Celui-ci a cependant estimé que l’acquisition était remise en cause parce que la situation réelle de Seriee ne correspondait pas à ce qui était annoncé à la signature de l’accord (voir ETS n°131).
Seriee accusait de lourdes pertes et son CA a été carrément divisé par deux (pour revenir à 48 M de francs). La société est placée en redressement judiciaire deux mois après son rachat (voir ETS n°132) puis en liquidation judiciaire début 1995 (voir ETS n°140). Les actifs sont repris par Finanscene et Esselec, un sous-traitant de Seriee (voir ETS n°148). Finanscene revend sa part à Esselec fin 1996 qui l’a donc cédé quelques mois plus tard à Detection Systems, lequel parvient à redresser Seriee (voir ETS n°249).
L’histoire du groupe américain illustre bien le dynamisme des sociétés de sécurité outre-Atlantique : créé en 1968, il s’introduit en bourse, implante une usine à Hongkong et multiplie les acquisitions, ce qui lui permet déjà de dépasser les 100 M$ en 1996. Detection Systems présente la particularité de cibler le marché européen. Simultanément au rachat de Seriee, la société acquiert en effet le britannique Digital Audio et le belge Radio Activ. En 1998, il récidive en rachetant trois entreprises : en Suède, en Hongrie et en Italie (voir ETS n°219 et 248).
Attaqué par des concurrents agressifs, Detection Systems connait néanmoins des difficultés, se traduisant notamment par une stagnation de ses ventes. Fin 2000, il repousse une proposition de rachat de la part de Bosch (voir ETS n°267), mais il accepte deux mois plus tard une offre revalorisée (voir ETS n°271). A l’époque, c’était la première acquisition effectuée par le groupe allemand dans la sécurité. Elle lui permettait ainsi de compléter sa couverture géographique en Europe et surtout de s’implanter aux Etats-Unis.
Aujourd’hui, Bosch Security Systems est l’un des principaux acteurs européens de la sécurité électronique avec un CA de 1,7 milliard d’€ en 2016 (voir ETS n°620).
Suite de la rétrospective historique de la sécurité dans le n°639 du 1er octobre 2017.