Quand Securitas s’est imposé en Europe

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Le groupe suédois frappe un grand coup en juin 1998 : il rachète simultanément Proteg, leader français du gardiennage, et Raab Karcher, le n°1 allemand (voir ETS n°218). Une opération payée 2,5 milliards de francs pour un CA cumulé des deux entreprises de quatre milliards de francs, ce qui en faisait à l’époque l’une des plus importantes jamais réalisée dans la sécurité à l’échelle de la planète.

Avec ses clients prestigieux, sa présence sur plusieurs activités (gardiennage, télésurveillance, sécurité électronique), son poids économique (2,5 milliards de francs), Proteg est une prise de choix pour Securitas. De même, Raab Karcher détenait 10% du marché allemand de la sécurité. A noter que ces deux entreprises avaient elles-mêmes mené une politique très active d’acquisitions au cours des années précédentes.

Racheter le n°1 sur les deux plus gros marchés en Europe — hors Grande-Bretagne —consacre alors la domination de Securitas dans cette région. Le Suédois gonfle d’un coup son CA de 50% et détient désormais une part de marché d’environ 10% sur le Vieux Continent, alors que la profession est extrêmement morcelée.

Le modèle de développement de Securitas semble rodé avec de nouvelles acquisitions ciblées en Europe. L’étape suivante est les Etats-Unis où le groupe suédois acquiert coup sur coup deux leaders du gardiennage : Pinkerton en avril 1999 (voir ETS n°231) et Burns en septembre 2000 (voir ETS n°263 et 264), réalisant ainsi un CA de 2,8 milliards de $ dans ce pays. L’Asie est alors la prochaine région cible.

En septembre 2006, Securitas commet probablement sa plus grave faute stratégique : la scission avec son activité de sécurité électronique, rebaptisée Niscayah, un des leaders en Europe (voir ETS n°396), alors même que la demande se porte sur des solutions globales intégrant surveillance humaine et électronique. Le groupe se rend compte de son erreur et opère une véritable volte-face en lançant en mai 2011 une OPA sur son ancienne filiale (voir ETS n°501). Mais c’était oublier l’appétit d’expansion de l’américain Stanley qui lui rafle la mise en faisant une offre plus alléchante (voir ETS n°506).

Le groupe suédois surmonte cette difficulté en rachetant au fil des ans des acteurs locaux ou nationaux de sécurité électronique, accédant de nouveau à une des premières places sur ce segment. Et il conserve son rang de leader dans la surveillance humaine. 

Suite de la rétrospective historique de la sécurité dans le n°659 daté du 1er septembre 2018