Quand Sécuritas est devenu Sécurifrance puis Seris

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En France, jusqu’à la fin des années 90, Sécuritas (avec un « é ») n’était pas le géant suédois de la sécurité que l’on connait, mais une entreprise familiale née à Saint-Nazaire en 1958. Securitas (sans « é »), présent en France à travers Protectas et Proteg qu’il avait racheté, était intéressé par la reprise du nom dans l’Hexagone. C’est finalement la société suisse indépendante Securitas AG (sans « é »), active en France à travers deux petites structures dans la région lyonnaise, qui a remporté la mise.

Sécuritas (avec un « é ») a donc changé de nom en janvier 1999 pour être rebaptisé Sécurifrance (voir ETS n°229). Présidée par Guy Tempereau, la société se positionnait déjà comme le n°3 du gardiennage qui représentait alors la quasi-totalité de son activité, soit un CA de 241 M de francs.

En pleine période de fusions et acquisitions, l’entreprise s’est longtemps tenue à l’écart de cette vague en misant sur la croissance organique. Néanmoins, elle opère deux petits rachats en 2003 et 2004 avant de reprendre l’année suivante Nord Sécurité Services, un leader du gardiennage avant d’être placé en redressement judiciaire (voir ETS n°361). Sécurifrance réalise en 2006 sa première acquisition à l’étranger avec le rachat de l’importante filiale belge de Rentokil Initial qui pesait 80 M€ (voir ETS n°389).

Dans l’optique de soutenir son développement international, le groupe est rebaptisé Seris Security début 2009 (voir ETS n°449). L’année suivante, il s’implante effectivement aux Pays-Bas (voir ETS n°482) et Guy Tempereau annonce qu’il donne la priorité aux activités à l’étranger (voir ETS n°498). Le groupe s’installe ensuite au Luxembourg (voir ETS n°551) et en Afrique, mais ne dédaigne pas pour autant les investissements dans l’Hexagone : en 2015, il prend 44% du capital d’Amarante, spécialiste du conseil pour les sites à hauts risques à l’étranger (voir ETS n°596) et en juin 2018, il acquiert la sûreté aéroportuaire de Brink’s France qui a réalisé un CA de 70 M€ (voir ETS n°656).

Dernière touche à la saga : Guy Tempereau, toujours président d’un groupe qui a réalisé un CA de plus de 400 M€ en 2017, s’est organisé pour assurer la transmission familiale de son entreprise.  

Suite de la rétrospective historique de la sécurité privée dans le n°669 daté du 1er février 2019