Quand Securitas a fait son entrée aux Etats-Unis

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Solidement implanté en Europe, mais absent du marché américain — le premier mondial par sa taille —, Securitas a remédié à cette lacune en rachetant en février 1999 Pinkerton, l’emblématique n°2 du marché pour un montant de 384 M$ (voir ETS n°231). Il s’agissait à l’époque de sa plus grosse acquisition.

Pinkerton est une société mythique, créée en 1850, ce qui en fait la plus ancienne entreprise américaine de sécurité. Allan Pinkerton avait auparavant travaillé pour Abraham Lincoln et avait créé le premier service de protection d’un président des Etats-Unis et le premier fichier de criminels. Il en avait d’ailleurs éliminé quelques-uns comme Jesse James et Billy the Kid.

Coté en bourse en 1990, Pinkerton 
employait 48 000 salariés au moment de son rachat, réalisait un CA d’un milliard de $ et possédait un portefeuille de 25 000 clients, dont de grands groupes comme General Motors.

L’aventure américaine de Securitas se poursuit quelques mois plus tard seulement avec l’acquisition de deux poids moyens du gardiennage (American Protective Services et First Security), dont le CA cumulé atteignait 550 M$ et les effectifs 22 500 salariés (voir ETS n°248). L’offensive prend encore plus d’ampleur en septembre 2000 avec le lancement d’une OPA amicale sur Burns (voir ETS n°263). Le n°2 américain de la surveillance humaine a pratiquement le même profil que Pinkerton : le détective William Burns a été à la tête de l’agence gouvernementale qui a ensuite donné naissance au FBI puis a fondé sa société éponyme en 1909. Au moment de son rachat, le groupe pesait 1,37 milliard de $, portant l’activité américaine de Securitas à 2,8 milliards de $ à cette époque.

Aujourd’hui, avec un CA d’environ quatre milliards de $ aux Etats-Unis, Securitas reste le n°2 de ce marché porteur, loin derrière AlliedUniversal qui a multiplié les acquisitions depuis plusieurs années pour atteindre un CA de sept milliards de $ (voir ETS n°584, 592, 600 et 659). Le groupe suédois se positionne cependant devant G4S, qui avait acquis en 2002 un ténor de la profession, Wackenhut, (voir ETS n°298) et génère un CA de 2,6 milliards de $ dans ce pays.

La bataille pour le contrôle du marché américain n’est pas finie. 

 

Suite de la rétrospective historique de la sécurité privée dans le n°671 du 1er mars 2019