William Burns a été surnommé le “Sherlock Holmes américain”
Voici 20 ans, le groupe suédois n’en finissait pas de lorgner le marché américain de la sécurité privée. Il avait réalisé un premier très joli coup en février 1999 en rachetant la célébrissime société Pinkerton, créée en 1850, dont le fondateur, Allan Pinkerton, avait travaillé pour le président Abraham Lincoln et créé le premier service de protection d’un président des Etats-Unis (voir ETS n°231).
En septembre 2000, Securitas récidive en mettant la main sur une autre étoile de la profession (voir ETS n°263) : Burns, qui a le même profil prestigieux que Pinkerton. William Burns a débuté sa carrière comme agent des services secrets et ses talents le propulsent à la tête du Bureau of Investigation — l’ancêtre du FBI — de 1921 à 1924, remplacé alors par Edgard Hoover.
Parallèlement, il fonde sa société de détectives privés en 1909. En raison du nombre d’affaires délicates qu’il parvient à résoudre, il est d’ailleurs surnommé le « Sherlock Holmes américain ». L’entreprise se hisse progressivement en tête de la profession : au moment de son rachat par Securitas, elle pèse 1,3 milliard de $ contre un milliard pour Pinkerton.
Avec les autres poids moyens américains rachetés à ce moment-là, le groupe suédois contrôle une entreprise réalisant un CA de 2,8 milliards de $. Sur ce marché porteur — stimulé par les attentats de septembre 2001 —, il réussit à développer son activité puisque son CA aux Etats-Unis s’élève aujourd’hui à environ quatre milliards de $.
Cependant, sa réussite outre-Atlantique suscite des jalousies et fait des émules. Le britannique G4S prend ainsi le contrôle en 2002 de Wackenhut, un autre ténor, (voir ETS n°298) et bâti un groupe de 2,5 milliards de $, alors que le canadien Garda affiche de solides ambitions au-delà de ses frontières. Mais le concurrent le plus redoutable est américain. Sous la houlette du fonds d’investissement français Wendel, un nouveau leader se construit, tout d’abord par la fusion d’AlliedBarton avec Universal Services en 2015 (voir ETS n°584, 592 et 600), puis par les rachats successifs de Universal Services of America en 2016 (voir ETS n°610) et d’US Security en 2018 (voir ETS n°659). Devenu leader sur son sol natal, le groupe américain aligne un CA de sept milliards de $, soit près de deux fois plus que Securitas aux Etats-Unis.
Suite de la rétrospective de la sécurité dans le n°705 du 1er octobre 2020