Quand Securicor est devenu leader de la sûreté aérienne

Share

Déjà un des ténors de la sûreté aérienne — un marché très porteur dans les années 90 — Securicor double la mise en rachetant pour 200 M$ Argenbright, un leader américain dans ce domaine (voir ETS n°272).

Le vénérable groupe britannique créé en 1935 affirme se hisser en haut du podium mondial de la sûreté aéroportuaire : Argenbright est en effet crédité d’une part de marché de 40% aux Etats-Unis où il travaille pour les principales compagnies aériennes et pour 17 des vingt plus grands aéroports.

Securicor est ainsi le 3e groupe de sécurité à prendre le contrôle d’une pépite américaine de la sûreté aéroportuaire. En 1998, la firme israélienne ICTS acquiert ainsi Huntleigh qui opère dans 48 aéroports outre-Atlantique (voir ETS n°226) Deux ans plus tard, Securitas prend le contrôle de la société de gardiennage Burns qui dispose d’une filiale de sûreté aéroportuaire, Globe Aviation Services (voir ETS n°263).

Le marché américain est donc largement contrôlé par des firmes à capitaux étrangers lorsque se produisent les attentats de septembre 2001. Or, les enquêtes de la FAA (Federal Aviation Administration) montrent que les défaillances des sociétés privées -certains employés payés au noir ou ne parlant pas anglais- ont probablement permis aux terroristes de passer les contrôles (voir ETS n°287 et 288).

L’une des premières décisions de George Bush est donc de nationaliser la sûreté aéroportuaire — des employés fédéraux remplacent les agents de sécurité privée — et de lancer un plan de trois milliards de $ pour renforcer les mesures de sécurité dans les aéroports (voir ETS n°290).

C’est donc un camouflet pour les sociétés qui avaient racheté les ténors américains. Néanmoins, avec la multiplication des menaces terroristes depuis vingt ans, les sociétés de sûreté aéroportuaire ont retrouvé une certaine activité aux Etats-Unis.

Quant à Securicor, il a connu un changement total en 2004 : n°6 européen de la sécurité avec un CA de deux milliards d’€, il a fusionné avec le n°2, le danois Group 4 Falck dont le CA s’élevait à l’époque à 4,3 milliards d’€ (voir ETS n°340 et 341). Ce nouveau groupe est rebaptisé G4S, qui figure parmi les leaders mondiaux de la sécurité mais est aujourd’hui sur le point de perdre son indépendance : il est en effet en train d’être racheté par Allied Universal, le n°1 américain du gardiennage (voir ETS n°710). 

Suite de la rétrospective de la sécurité dans le n°714 du 15 février 2021