Quand Protection One s’est implanté en France

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CET, racheté par le groupe américain, était le n°2 français de la télésurveillance

Et de trois ! Avec le rachat en août 1998 de CET, n°3 français de la télésurveillance (voir ETS n°219), ce sont les trois leaders de ce secteur qui passent sous pavillon américain en quelques mois seulement. Tyco avait en effet repris coup sur coup Nomos, le n°2, en septembre 1997 (voir ETS n°199) et Cipe, le n°1, en mai suivant (voir ETS n°215).

Au moment de sa reprise, la Compagnie Européenne de Télésécurité était alors en forte croissance sur un marché porteur, générant un CA de 355 M de francs avec 52 000 raccordements. Son parcours a néanmoins été particulièrement mouvementé. En dépôt de bilan en 1989, CET est racheté par la société de gardiennage Geiso (voir ETS n°29) qui la revend deux ans plus tard à une holding contrôlée par les dirigeants du télésurveilleur (voir ETS n°54). Consécration de son développement : CET s’introduit en bourse en 1993, ce qui était alors exceptionnel pour une société de sécurité en France (voir ETS n°116).

L’acquéreur américain n’a pas eu une histoire simple non plus. Western Resources, la compagnie d’électricité du Kansas, décide en 1996 de se diversifier dans la télésurveillance (voir ETS n°186). En moins de deux ans, elle se hisse au second rang de ce marché aux Etats-Unis, derrière ADT, en multipliant les acquisitions. L’addition sera salée : un milliard de $ de pertes en quelques années. Western Resources cède alors Protection One par appartements. En 2003, il revend les filiales européennes à ABN Amro Capital (voir ETS n°325). Générale de Protection, la filiale française, est revendue en 2005 à TCR Capital (voir ETS n°376) qui la revend trois ans plus tard à Stanley (voir ETS n°441). Ce dernier acquiert également ADT France en 2010 (voir ETS n°447) et le suédois Niscayah l’année suivante (voir ETS n°506). Les trois entités sont fusionnées sous la bannière Stanley (voir ETS n°548) qui figure encore aujourd’hui en tête de la télésurveillance dans l’Hexagone.

Les épisodes se succèdent également pour Protection One aux Etats-Unis. Le groupe est racheté par le fonds d’investissement Quadrangle en 2003 (voir ETS n°337) puis par le fonds Apollo Global Management deux ans plus tard. Coup de théâtre en février 2016 : Apollo rachète ADT, le n°1 historique, pour sept milliards de $ et le fusionne avec Protection One qui cumule ainsi 8,5 millions de raccordements pour un CA de 4,2 milliards de $ (voir ETS n°605).   

 

Suite de la rétrospective historique de la ­sécurité dans le n°661 daté du 1er octobre 2018