En juin 1998, la France vivait à l’heure de la Coupe du monde de football, la seconde que le pays organisait depuis celle de 1938. La question de la sécurité des grands événements ne se posaient alors pas avec la même acuité qu’aujourd’hui puisque les attaques terroristes de masse n’étaient pas encore vraiment d’actualité. Le principal risque était les bagarres entre supporteurs.
A noter que la sécurité privée — encore très immature à cette époque — était moins présente et que la coordination avec les forces de l’ordre était moins étroite (voir notre enquête de l’époque dans ETS n°216).
En raison des menaces assez faibles, le budget sécurité du Mondial était relativement peu conséquent par rapport aux montants dépensés actuellement pour ce type d’événement sportif : 105 M de francs, dont 40 M de francs versés par l’État. Cette somme ne comprenait pas les investissements pour la sécurité des dix stades où les épreuves devaient se dérouler. Or, les équipements de ces infrastructures — et notamment la vidéosurveillance — étaient obsolètes, si bien que des rénovations complètes ont été réalisées. C’est le cabinet d’ingénierie CP Synergie qui a élaboré le cahier des charges pour le Comité français d’organisation (CFO) et les fournisseurs retenus ont été Philips, JVC, Sony, Hymatom, Selfco, etc.
Au niveau de la surveillance humaine, tous les sites étaient gardés 24h/24 par des sociétés privées, soit environ 1 850 agents de sécurité, contre plus de 10 000 pour l’Euro 2016. A la différence d’aujourd’hui, c’était les policiers et gendarmes qui assuraient le filtrage et la palpation des spectateurs avant les matchs.
Les effectifs de l’ensemble des forces de l’ordre s’élevaient à 25 000 hommes durant toute la période du Mondial, soit 6 000 chaque jour. On comptait également 1 800 militaires, ce qui est notablement moins que durant la période actuelle, même en dehors de tout événement important.
Comme chacun s’en souvient, c’est la France qui remporta ce Mondial le 12 juillet par un sévère trois buts à zéro contre le Brésil, le tenant du titre. Et la liesse populaire qui débordait dans Paris pour fêter cette première victoire historique ne donna pas lieu à des incidents graves. Une autre époque…
Suite de la rétrospective historique de la sécurité dans le n°657 daté du 1er juillet 2018