La cession de Magg a achevé le retrait de Générale des Eaux des métiers de la sécurité
Avec la vente de Magg, la Générale des Eaux (l’ancêtre de ce qui est aujourd’hui Vivendi) a finalisé au printemps 1998 la cession de ses activités de sécurité où il figurait parmi les leaders (voir ETS n°211).
Magg — un temps présidé par Jean-Charles Pellegrini, ancien chef de l’Office central pour la répression du banditisme — a ainsi été cédé à son dirigeant, Jean-Philippe Gosselet, un prothésiste dentaire reconverti dans le gardiennage. Celui-ci avait racheté l’entreprise dix ans plus tôt puis l’avait revendue à la Générale des Eaux en 1994 à une époque où elle réalisait un CA de 84 M de francs (voir ETS n°145) et l’a donc reprise en avril 1998.
Avec cette opération, le groupe de services aux entreprises mettait un terme à sa diversification dans la sécurité : quelques mois auparavant, la Générale des Eaux avait déjà revendu la quasi-totalité de ses activités dans ce domaine — représentant 330 M de francs — à Proteg qui devenait ainsi le n°1 du marché (voir ETS n°202 et 203). Proteg sera lui-même racheté par Securitas en octobre 1998 (voir ETS n°218). De son côté, Jean-Philippe Gosselet acquiert La Vigilante en même temps que Magg et réalise ainsi un CA de 173 M de francs en 1999 avec des effectifs de 1 200 personnes, ce qui le positionne parmi les dix premières sociétés de gardiennage en France. Néanmoins, les difficultés s’accumulent, notamment après la perte du contrat pour la sécurité des escales africaines d’Air France (voir ETS n°227 et 230). Magg est placé en redressement judiciaire en août 1999, puis en plan de continuation en février 2000 (voir ETS n°253). Malgré sa situation précaire, Magg rachète la société ISPA le mois suivant (voir ETS n°255). En dépit de la mise en redressement judiciaire de La Vigilante en juin, Magg rachète Guardia et les actifs de Locarel en 2001 (voir ETS n°281), portant le CA à 43 M€ l’année suivante. En fait, cette stratégie d’acquisitions boulimique a accéléré la chute de l’entreprise, placée en liquidation judiciaire en avril 2005 (voir ETS n°367). La plupart de ses actifs sont alors repris par Vigimark, la société de Jean-Luc Lattuca, qui a été président du SNES (voir ETS n°369). Quatre ans plus tard, Vigimark est à son tour en grande difficulté : après sa liquidation judiciaire, ses actifs sont repris par Neo Security (voir ETS n°467, 477 et 482). Et chacun se rappelle que Neo Security a été mis en liquidation judiciaire en 2012 et certains de ses actifs rachetés par Fiducial (voir ETS n°522, 523, 526 et 527).