En pleine offensive des groupes américains qui rachètent à tour de bras des firmes européennes de sécurité, Ingersoll Rand met la main en janvier 2002 sur un des leaders de la serrurerie sur le Vieux Continent : l’italien Cisa (voir ETS n°293).
Ingersoll Rand a bien choisi sa cible : se présentant comme le n°1 du cylindre en Europe, Cisa est une entreprise familiale créée en 1926 parvenue à une taille respectable (200 M€ avec 2 400 collaborateurs) et une présence géographique large avec des ventes dans 70 pays, dont la France après le rachat de Bricard en 1992. Des caractéristiques assez exceptionnelles à cette époque où le marché est particulièrement fragmenté.
Avec Cisa, le groupe américain concrétise alors la priorité qu’il s’était donnée de se développer en Europe. Il avait débuté ce mouvement deux ans auparavant avec l’acquisition de l’allemand Interflex (voir ETS n°269) suivi en 2001 par le turc ITO Kilit (voir ETS n°283).
Les initiatives en Europe vont s’espacer : si le groupe prend le contrôle total du capital de Cisa en 2005, il faudra attendre encore dix ans pour qu’il rachète une autre firme européenne, en l’occurrence l’allemand SimonsVoss, un spécialiste des serrures électroniques (voir ETS n°592).
Entretemps, le groupe industriel diversifié a pris une décision majeure : en 2014, il opère une scission avec sa division sécurité qui est cotée en bourse et prend le nom d’Allegion (voir ETS n°561).
Aujourd’hui, Allegion se positionne au second rang mondial de la serrurerie, à égalité avec Dormakaba et derrière Assa Abloy, avec trente usines dans le monde, 11 500 collaborateurs et un CA de 2,7 milliards de $, dont 20% en Europe.
Suite de la rétrospective de la sécurité dans le n°736 du 15 février 2022