C’est véritablement en juin 1999, avec l’acquisition de son compatriote C&K Systems, qu’Honeywell passe à la vitesse supérieure dans sa stratégie de diversification dans la sécurité électronique.
Le conglomérat américain basé à Minneapolis a en effet mis la main sur un ténor de l’alarme anti-intrusion, très présent à l’international, qui réalisait à l’époque un CA supérieur à 150 M$ avec 1 700 personnes (voir ETS n°238).
Honeywell avait déjà racheté quelques entreprises de sécurité électronique depuis plusieurs années mais jamais de cette importance : le français Alarme & Protection en 1994 (voir ETS n°134), l’allemand Nordalarm deux ans plus tard (voir ETS n°169 et 187), de même que l’américain Westinghouse Security Electronics et le néerlandais ESD Electronics en 1998 (voir ETS n°227).
Le géant de l’électronique, de l’énergie, de la défense et de l’aéronautique franchit une nouvelle étape en 2000 avec l’acquisition de Pittway, n°1 mondial de la fabrication de matériel d’alarme, pour un montant de 2,1 milliards de $ (voir ETS n°249). Une somme coquette qui démontre la volonté d’Honeywell de figurer parmi les leaders mondiaux puisque Pittway réalisait à l’époque un CA de 1,3 milliard de $ pour un bénéfice assez symbolique.
Les ambitions d’Honeywell ne se limitent pas à la sécurité électronique : en quelques années, il devient un géant des équipements de protection de l’homme au travail en rachetant le français Sperian en 2010 (voir ETS n°483 et 484) et l’américain RAE Systems trois ans plus tard (voir ETS n°547). Il n’en dédaigne pas pour autant quelques pépites comme l’irlandais Xtralis (détection incendie) ou le français RSI Video, spécialiste de la détection avec système vidéo associé, rachetés début 2016 (voir ETS n°606). Il pèse désormais plus de quatre milliards de $ dans la sécurité, se positionnant aussi comme leader sur le créneau de la distribution grâce à sa filiale ADI Global.
Parallèlement, Honeywell rêve de consolidation : il propose en février 2016 à United Technologies, également très présent dans la sécurité, de fusionner pour donner naissance à un mastodonte de 90 milliards de $ (voir ETS n°605). Mais il y renonce quelques jours plus tard devant le refus poli d’UTC.
Suite de la rétrospective de la sécurité privée dans le n°679 du 1er juillet 2019