Quand Gunnebo misait sur la France

Share

Au début des années 2000, l’Hexagone figurait indubitablement parmi les priorités de développement géographique du groupe suédois Gunnebo : en avril 2001, il mettait en effet la main sur CS Security, leader français du contrôle d’accès à cette époque (voir ETS n°279), deux ans après avoir racheté Fichet Bauche, n°1 de la sécurité bancaire.

Avec le rachat de CS Security, Gunnebo se renforçait significativement dans la sécurité électronique, alors qu’il était surtout présent dans la sécurité physique (coffres-forts, portes blindées, etc.) et sur d’autres segments de marché que la banque.

Au-delà de cette pertinence stratégique, CS Security présentait quelques handicaps, à commencer par sa situation financière fragile. La société avait accumulé des pertes : 26 M de francs en 1998 et 35 M de francs l’année suivante (voir ETS n°258), tandis que son CA a été en régression à 332 M de francs. Elle avait engagé un plan de restructuration, ramenant les effectifs de 500 à 425 salariés, tout en modernisant son outil industriel (voir ETS n°228), ce qui l’avait ramené sur la voie du redressement.

En fait, CS Security était le résultat de plusieurs acquisitions menées depuis 1993 par CSEE (ancêtre du groupe CS) spécialisé dans les réseaux informatiques et télécom sécurisés. C’était la première fois qu’une stratégie offensive était lancée dans la sécurité électronique à l’initiative du groupe industriel de pointe. Aujourd’hui CS est resté spécialisé dans la sécurité des infrastructures critiques avec un CA de 209 M€ en 2020.

De son côté, Gunnebo a eu du mal à intégrer Fichet — qui cumulait un historique compliqué — et CS. La filiale française du groupe suédois était trop tournée vers le monde bancaire, un secteur qui n’était plus porteur.

Début 2018, le couperet tombe : le groupe suédois annonce qu’il réfléchit à une vente de sa filiale française (voir ETS n°648 et 654), ce qui intervient quelques mois plus tard (voir ETS n°659 et 667). L’acquéreur est le fonds d’investissement américain Open Gate Capital qui rachète également les filiales belge et luxembourgeoise, soit un CA de 123,7 M€, 930 salariés et une perte d’environ 60 M€.

Les décisions ne tardent pas à être prises : un plan social portant sur 10% des effectifs est annoncé en mai 2019 (voir ETS n°676), tandis que la filiale est rebaptisée Fichet Group sous la présidence de Julien Laforets, nommé en juin 2020 (voir ETS n°701). Une nouvelle étape commence alors.

 

 Suite de la rétrospective de la sécurité dans le n°720 du 15 mai 2021