C’est en décembre 2001 que le gigantesque conglomérat fait sa première incursion dans la sécurité : il acquiert Interlogix, n°2 américain de l’alarme, avec la volonté affichée de venir un leader mondial de la sécurité électronique (voir ETS n°293).
Le montant de l’acquisition — 760 M$ pour un CA de 540 M$ — ne laisse pas planer de doute sur les moyens que General Electric est prêt à mobiliser pour parvenir à ses fins.
GE, qui cumulait les superlatifs (plus grosse capitalisation boursière au monde et groupe le plus admiré au monde) sous la houlette de son légendaire PDG Jack Welch, se targuait d’être n°1 ou n°2 dans tous les domaines où il était présent : les moteurs d’avions, les services financiers, les locomotives, le matériel médical, l’électroménager ou encore les équipements électriques.
Trois mois après les attentats fomentés par Ben Laden aux Etats-Unis qui ouvraient des perspectives favorables pour l’industrie de la sécurité, l’initiative de GE semblait pertinente. Mais c’était mal connaitre cette profession extrêmement morcelée. Le géant s’est en effet heurté à un obstacle insurmontable : racheter des grands groupes pour imposer son approche comme il l’avait fait dans ses autres activités.
C’est ainsi qu’il acquiert en 2002 une petite société espagnole de sécurité incendie (voir ETS n°307) et mettait un pied dans la détection d’explosifs en rachetant Ion Track (voir ETS n°314). Deux ans plus tard, il récidive dans ce dernier domaine avec l’acquisition d’InVision (voir ETS n°343) et devenait ainsi le n°8 américain de la sécurité, selon l’Atlas d’En Toute Sécurité de l’époque. En 2005, il rachète VisioWave, un concepteur suisse de vidéosurveillance (voir ETS n°370).
Ces initiatives sont largement insuffisantes pour se hisser en haut du podium, même si GE Security dépasse alors la barre des deux milliards de $. Après un accord raté avec le britannique Smiths Detection (voir ETS n°405 et 419), il cède coup sur coup en 2009 sa filiale de détection d’explosifs au français Sagem (voir ETS n°455 et 462) et l’ensemble de la sécurité électronique à UTC (voir ETS n°468). Fin de ses ambitions dans la sécurité.
Ironie de l’histoire, Sagem revend à Smiths Detection son activité détection d’explosifs en 2017 (voir ETS n°630) avec la même analyse qu’il n’existe pas de synergies avec ses autres métiers. De son côté, UTC, devenu Carrier, reste un ténor mondial de la sécurité.
Suite de la rétrospective de la sécurité dans le n°734 du 15 janvier 2022