Coup de tonnerre en avril 1999 : le suédois Gunnebo acquiert Fichet Bauche, leader en France de la sécurité physique, (voir ETS n°235). La société, dont les origines remontent à 1867, était en effet un des symboles de l’industrie française de la sécurité, doté d’une marque prestigieuse.
Le groupe, dont Paribas était propriétaire, a été cédé pour 327,5 M de francs. C’était à l’époque la plus grosse acquisition de Gunnebo qui — à ce jour — n’en a pas effectué de plus importante.
L’opération était très attrayante puisque Gunnebo n’était pas vraiment présent en Europe du sud, alors que Fichet était bien positionné en France, en Espagne, avec une présence significative en Italie et Portugal. De plus, l’entreprise française disposait de bonnes compétences en sécurité électronique, alors que ce domaine n’était à l’époque pas un des points forts de Gunnebo. Enfin, Fichet Bauche était leader sur le créneau difficile à pénétrer de la banque qui générait la moitié de son activité. Néanmoins, Fichet Bauche était en convalescence à ce moment-là, malgré une profonde restructuration menée depuis six ans : le groupe taille dans ses effectifs, cède plusieurs actifs importants, dont Brink’s France en 1993, mais continue à accumuler des pertes (voir ETS n°155, 166, 190 et 208). De 1992 à 1997, elles atteignent près de un milliard de francs. Conséquence de ces cessions et de piètres résultats commerciaux, le CA est descendu pendant ce temps de trois milliards de francs à un milliard.
Quelques mois après son rachat par Gunnebo, Fichet Bauche cède son activité serrurerie, soit 15% de ses ventes, au suédois Assa Abloy, leader mondial sur ce marché (voir ETS n°246). En revanche, la société se renforce dans la sécurité électronique en rachetant en 2000 la division sécurité de Matra Nortel Communications (voir ETS n°252).
Les réorganisations se poursuivent avec la cession de l’activité protection périmétrique en 2011 (voir ETS n°505) et de la filiale de télésurveillance trois ans plus tard (voir ETS n°569). Gunnebo France repart à l’offensive avec une politique commerciale plus dynamique, une concentration des efforts sur des segments de marché ciblés, une intégration plus poussée de l’électronique, etc. (voir ETS n°595).
Néanmoins, la filiale française pèse sur les résultats du groupe, annonce en 2017 le groupe suédois (voir ETS n°640 et 654). En juillet 2018, le verdict tombe : Gunnebo cède ses filiales en France, Belgique et Luxembourg au fonds d’investissement OpenGate Capital (voir ETS n°659). Une opération finalisée en décembre suivant (voir ETS n°667).
Suite de la rétrospective de la sécurité privée dans le n°675 du 2 mai 2019