Un événement exceptionnel : en avril 2000, une société de sécurité annonce avoir débuté son processus d’introduction à la bourse de Paris. A l’époque, les entreprises de ce secteur ayant réussi leur cotation au palais Brongniart se comptaient sur les doigts d’une seule main. Qui plus est, il s’agissait d’une société de gardiennage, ce qui constituait une première historique (voir ETS n°255).
La société familiale Euroguard fondée en 1976 par Philippe Boisanfray était même le n°2 de son secteur, derrière Securitas qui avait racheté le français Proteg en 1998. Avec cette introduction en bourse qui s’est concrétisée au mois de juin suivant (voir ETS n°260), l’entreprise dont le président du directoire était Lawrence Canu souhaitait accélérer son développement par croissance interne (création d’agences, renforcement sur certains segments de clientèles) et externe.
Euroguard avait déjà engagé une dynamique politique d’acquisitions depuis 1998, en reprenant par exemple la société Secrets du fameux capitaine Barril, ancien chef du GIGN, (voir ETS n°229), Galea, de même que des filiales du groupe ACDS alors en faillite (voir ETS n°225).
Le groupe pesait alors 451 M de francs (contre seulement 150 M de francs en 1994) avec 3 500 salariés, mais sa rentabilité n’était pas brillante.
L’entreprise familiale opère un virage stratégique à 180 degrés en février 2001 : elle est rachetée par le groupe danois Group 4 Falck pour la coquette somme de 220 M de francs. Le n°2 mondial de la surveillance humaine était déjà présent dans l’Hexagone, notamment grâce au rachat de la filiale du britannique Securicor en 2000 (voir ETS n°258). La nouvelle entité s’installe parmi les leaders de la profession avec un CA de 875 M de francs et 6 000 personnes.
La filiale française entame sa pénible réorganisation (voir ETS n°282), tandis que la mondialisation du secteur de la sécurité connait une étape importante avec la fusion en juillet 2004 de Group 4 Falck et de Securicor (voir ETS n°348) : c’est la naissance du G4S actuel.
En France, la restructuration bat son plein en 2007, avec des suppressions de postes à la clé (voir ETS n°412), mais cela ne suffit pas : le groupe britannique entame son retrait de l’Hexagone. Le processus débute par la cession du transport de fonds à Loomis en juillet 2007 (voir ETS n°416), suivi par la vente de la sécurité électronique à Scutum l’année suivante (voir ETS n°439) et du gardiennage à Neo Security en 2009 (voir ETS n°451). Ce dernier fait faillite trois ans plus tard et certains actifs sont repris par Fiducial (voir ETS n°527).
Suite de la rétrospective de la sécurité dans le n°697 du 1er mai 2020