Le logo de Brink’s à la fin des années 1990.
C’est en janvier 1998 que le groupe américain de transport de fonds a pris le contrôle total de Brink’s France, dont il ne possédait jusque-là que 38,2% du capital (voir ETS n°207). Cet épisode mettait un terme à une situation atypique, conséquence d’une longue histoire.
L’entité française a en effet été créée à la suite d’un voyage d’étude aux Etats-Unis effectué par Société Générale, Crédit Lyonnais, BNCI, CNEP, CCF et Banque de Baeque Beau. Ces établissements bancaires ont alors choisi Brink’s pour créer une société de transport de fonds en France, dont il devient actionnaire minoritaire.
C’est Via GTI (Générale de Transport International), filiale de la Compagnie de Navigation Mixte spécialisée dans le transport de voyageurs, qui possédait les 61,8% restant du capital. Or, ce groupe enregistre des pertes, y compris Brink’s France qui s’était lancé à l’époque dans deux acquisitions coûteuses, SGI Valeurs et Sécuribanque, et s’était engagé dans une guerre des prix destructrice avec son concurrent Ardial (voir ETS n°187 et 200).
L’heure est donc à la restructuration chez Brink’s, mais aussi chez Via GTI et à la Navigation Mixte. D’autant que cette dernière vient de passer dans le giron de Paribas qui entend opérer un recentrage de ses participations. Ce qui explique la reprise à 100% de Brink’s France par la firme américaine.
Brink’s France a réduit drastiquement ses effectifs (passant de 5 365 en 1995 à 4 500 deux ans plus tard) et lancé une nouvelle politique commerciale lui permettant de relever ses tarifs. Il était temps, car le CA était en recul (à 1,25 milliard de francs) et l’entreprise accumulait des pertes depuis deux exercices.
Les décisions prises ont porté leurs fruits et Brink’s se positionne comme leader du transport de fonds en France malgré les divers mouvements de concentration effectués par ses concurrents. Aujourd’hui, après le rachat de Temis en novembre dernier (voir ETS n°637 et 642), Brink’s détient 50% du marché, devant Loomis (37%) et Prosegur (7,5%), selon les calculs de l’Atlas d’En Toute Sécurité.
Suite de la rétrospective historique de la sécurité dans le n°647 daté du 1er février 2018