Quand Boeing s’est lancé dans le « homeland security »

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Moins d’un an après les attentats de septembre 2001, Boeing concrétise sa diversification dans la sécurité intérieure de l’Etat, ou « homeland security » en américain, avec la signature en juin 2002 d’un important contrat : la protection des 438 aéroports civils du pays pour 1,4 milliard de $ grâce à la fourniture de détecteurs d’explosifs pour inspecter les bagages et les passagers (voir ETS n°305).

La prestation comprenait la livraison de 1 100 systèmes fixes, 6 000 détecteurs portables et la formation de 30 000 agents fédéraux. Ces derniers remplaçaient alors progressivement les sociétés de sécurité privée qui ont fait l’objet de nombreuses critiques pour ne pas avoir repéré les terroristes le 11 septembre (voir ETS n°286 et 287).

En quelques mois après les attentats spectaculaires au cours desquels l’avion lui-même est devenu une arme, le constructeur aéronautique a multiplié les initiatives dans le domaine de la sécurité. Dès la mi-octobre 2001, il constituait un département Services de sécurité et sûreté puis se rapprochait de la compagnie aérienne El Al pour développer en commun des équipements de sécurité pour les avions. Dans la foulée, il signait un partenariat avec AIS pour proposer des programmes de formation à la sécurité pour les équipages. Le groupe s’associait également à Siemens, leader mondial de la sécurité incendie des avions, pour développer des systèmes de détection d’explosifs.

L’enjeu était en effet de taille : face à la menace terroriste, il fallait repenser complètement la sécurité des avions et des aéroports. Un marché colossal se chiffrant en centaines de milliards de $ à l’échelle mondiale. Boeing n’a d’ailleurs pas été le seul à se lancer dans le homeland security : tous les groupes d’armement américains ont fait de même, comme les européens Airbus ou BAE Systems d’ailleurs.

Avec un CA de plusieurs milliards de $ en homeland security, Boeing figure aujourd’hui parmi les ténors mondiaux de ce secteur ultra-sensible. Il est par exemple leader dans la protection des frontières, avec la conception de systèmes complexes combinant protection physique et électronique, s’étendant sur des centaines de kilomètres. Bien implanté en cybersécurité, il est aussi très présent dans les drones de surveillance. Des synergies bien comprises…

Suite de la rétrospective de la sécurité dans le n°745 du 1er juillet 2022