La présence de BNP Paribas est aujourd’hui moins visible dans le logo de Protection 24
C’est en mars 1999 (voir ETS n°232) qu’a été lancé Protection 24, le service de télésurveillance de BNP Paribas, partenaire minoritaire (49%) aux côtés du groupe informatique Atos (51%). Cette annonce fait suite à des initiatives similaires de la part d’autres établissements bancaires ou assureurs qui s’étaient diversifiés dans la télésurveillance, un marché jugé porteur sur le long terme.
BNP Paribas avait pris en charge le volet commercial dans ses agences — Protection 24 n’avait pas d’équipe commerciale propre à l’époque — tandis qu’Atos assurait le suivi de clients et l’aspect technique. Ce système hybride ne pouvait pas fonctionner de manière optimale : en 2000, Atos sort du capital, remplacé par Axa. L’année suivante, l’assureur confie à Protection 24 la télésurveillance des 6 000 clients de sa filiales Axa Assistance Protection. Logiquement, en 2003, axa se retire du tour de table et Protection 24 devient filiale à 100% de BNP Paribas.
Le développement est dynamique puisque Protection 24 est désormais n°5 de la télésurveillance résidentielle, mais seulement n°17 sur le segment professionnel, un domaine qu’il a réellement investit depuis cinq ans. Ces résultats ont été réalisés uniquement par croissance organique, à l’exception de la reprise du portefeuille de clients d’Axa (voir ETS n°525). En 2008, la société se lance sur le métier voisin de la téléassistance, mais le projet ne parvient pas à récolter les fruits escomptés : huit ans plus tard, cette activité est cédée à Bluelinea, un spécialiste de ce créneau (voir ETS n°611). Ayant lancé une offre de vidéosurveillance (voir ETS n°648) et avoir élargi son réseau de distribution en 2018 (voir ETS n°651) le télésurveilleur vise 100 000 raccordements en 2020.
A l’époque de la naissance de Protection 24, d’autres banques s’étaient déjà lancées dans la télésurveillance, à l’instar du Crédit Agricole, du Crédit Mutuel ou du CIC. Aujourd’hui, les banques et compagnies d’assurance détiennent une part de marché dominante en télésurveillance résidentielle : sept télésurveilleurs de ce type figurent parmi les dix premiers de ce segment de marché. Dans la télésurveillance professionnelle, leur présence est moins forte : ils sont quatre parmi les dix premiers. Une réussite qui s’explique notamment par une grande puissance financière, des compétences marketing pointues, des relations étroites avec les clients et un vaste réseau de distribution.
Suite de la rétrospective historique de la sécurité privée dans le n° 673 du 1er avril 2019