Quand Assa Abloy s’est lancé dans l’identité sécurisée

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Géant mondial de la serrurerie, le groupe suédois s’est diversifié en novembre 2000 sur le marché connexe de la gestion des identités en rachetant Hughes Identification Devices, plus connu sous le nom d’HID (voir ETS n°268). Le montant élevé de l’opération — 250 M$ pour un CA de 100 M$ — montre que l’enjeu était de taille pour Assa Abloy : il s’agissait tout simplement de préparer la transition de la sécurité physique vers la sécurité électronique et plus généralement la digitalisation de la profession. Tout en lorgnant vers la gestion des objets connectés.

Alors que la serrurerie était — et est encore aujourd’hui — un secteur en croissance faible (+1% à +2% en moyenne), celui de l’identité sécurisé progressait à l’époque de 10% à 15% par an. De plus, l’ancienne filiale de Hughes Aircraft se révélait une cible particulièrement attrayante puisqu’à cette époque elle enregistrait une progression de son CA de 50% par an en moyenne, assorti d’une rentabilité plus que confortable.

Depuis cette première opération, Assa Abloy a multiplié les acquisitions de sociétés spécialisées dans le contrôle d’accès électronique et la gestion des documents d’identité (passeports, permis de conduire, etc.). Le groupe ne fait d’ailleurs pas mystère d’examiner en permanence toutes les opportunités dans ce domaine. Soit des start-up actives sur une niche, soit des entreprises de taille déjà conséquente. Sur ce segment, on ne compte pas moins de trois ou quatre opérations de croissance externe par an, notamment dans des pays ouverts aux innovations comme les Etats-Unis ou en Asie.

Aujourd’hui, la division HID Global a beaucoup grandi depuis le rachat effectué voici vingt ans : les effectifs sont passés de 350 salariés à 3 900, tandis que le CA a bondi à 1,5 milliard d’€, représentant 16% de l’activité totale du groupe et 19% de sa marge opérationnelle. Présente dans cent pays, stimulée par une croissance organique de 5% par an, elle est devenue leader mondial sur un secteur de pointe. Une démonstration que la sécurité mécanique traditionnelle peut muter avec succès vers la sécurité du futur…

Suite de la rétrospective de la sécurité dans le n°710 du 15 décembre 2020